LE CHANNELLING ET LA SCIENCE

 

 

 

 

Emmanuel Ransford   (randsf123@yahoo.com)

 

 

 

 

 

Vrais et Faux Prophètes

 

Porté par la vague du Nouvel Age et par la fascination qu’il exerce, le channelling est devenu un phénomène à la mode. Il consiste à capter les révélations de Maîtres invisibles ou d’entités extra-terrestres pour les transmettre au commun des mortels. Car le channel est médium. Il est un "canal spirituel" capable d’entrer en contact avec l’au-delà et ses esprits désincarnés. Il est un prophète des temps modernes.

 

Mais ne nous égarons-nous pas dans l’erreur et la superstition ? Les nouveaux prophètes ne sont-ils pas de faux prophètes et des charlatans ? C’est sans doute souvent le cas et c’est longtemps ce que j’ai cru, malgré maints témoignages dignes de foi. Car pour le croyant, aucune preuve n’est nécessaire tandis que pour le sceptique, aucune preuve n’est suffisante. Jean-Pierre Girard, qui a provoqué d’étonnants effets de psychokinèse dans des expériences rigoureuses, ne le sait que trop.

 

Le scepticisme s’estompe quand on vit ces phénomènes en direct. Nous sommes nombreux à avoir eu des flashs concernant telle ou telle personne de notre entourage. Ces flashs spontanés sont bien mystérieux. Ils sont comme des dons du ciel. J’en ai moi-même régulièrement, ils m’aident parfois dans ma pratique de thérapeute. Je n’ai d’abord voulu y voir qu’une bizarrerie sans importance, un rien gênante.

 

Mais avec le recul, j’ai compris que les messages contenus dans ces flashs pouvaient être importants. Ils sont souvent peu limpides, car ils parlent le langage symbolique de l’inconscient. Tout l’art du channel est de savoir les interpréter.

 

La science peut-elle nous éclairer sur le channelling ? Je le crois en effet. Elle nous fera découvrir que nous sommes tous des channels en puissance et que les informations acquises par channelling viennent du fond de nous-mêmes autant que de l’extérieur. Les nouveaux prophètes, c’est nous !

 

 

Des Anecdotes et des Faits

 

Les preuves tangibles que nous pouvons capter des informations en provenance d’un monde invisible prescient voire omniscient ne manquent pas. Des études sérieuses confirment nos aptitudes extra-sensorielles. Ainsi Dean Radin a pu démontrer, grâce à des appareils mesurant le stress psychique, la réalité du "pressentiment" c’est-à-dire de nos capacités prémonitoires inconscientes.

 

Il projeta à des volontaires une succession rapide d’images sur un écran. La plupart de ces images étaient neutres, mais certaines étaient émotionnellement fortes. L’expérience, faite sur un grand nombre d’images et de sujets humains, donna des résultats stupéfiants. Il s’avéra que les sujets éprouvaient un stress –dont ils n’avaient pas nécessairement conscience– juste avant qu’une image forte leur soit présentée, sans rien de tel pour une image neutre. Or, les sujets n’avaient aucun moyen rationnel d’anticiper ces images, dont l’ordre de succession était aléatoire et fixé au tout dernier moment.

 

Plus remarquable encore, un projet en cours –le Global Consciousness Project (GCP) ou "Projet de Conscience Globale"– semble attester de la réalité d’un psychisme collectif non-local par ses effets sur un réseau mondial de petites machines qui détectent des émotions de groupe. Cette incroyable aventure (1) montre clairement que nous sommes tous reliés au sein d’un champ psychique global et que l’esprit opère au-delà de l’espace et du temps.

Note de bas de page (1) Le numéro de décembre 2002 de la revue Psychologies en donne une description plus détaillée.

 

Par exemple, la mort soudaine de Lady Di en 1999 et l’acte terroriste du 11 septembre 2001 ont suscité des réactions fortes et inhabituelles des petites machines. Il y a plus troublant : les perturbations enregistrées ont commencé la veille de ces événements ! On retrouve ici un effet d’anticipation qui rejoint le constat de Dean Radin.

 

 

Peut-on Comprendre le Channelling ?

 

Le channelling, à l’instar du champ psychique collectif, met en scène une non-localité à la fois spatiale et temporelle de notre psyché. La télépathie, les N.D.E. et la communication facilitée (C.F.) renforcent cette conclusion. Evelyne-Sarah Mercier et Anne-Marguerite Vexiau, spécialistes des NDE et de la C.F. respectivement, le confirment sans hésiter. (2)

Note de bas de page (2) N.D.E. signifie Near-Death Experience, c’est-à-dire expérience de mort imminente. Quant à la C.F., elle est une technique qui permet par exemple à des enfants autistes de s’exprimer en tapant sur un clavier.

 

Comment expliquer cela ? Une première possibilité est d’envisager, avec Pribram, un modèle holographique du cerveau et de l’univers. Un hologramme a cette propriété singulière que la partie contient l’information du tout. Cette information est donc délocalisée. Mais il n’est pas certain que cette piste prometteuse puisse dépasser le stade de l’analogie pour acquérir une vraie crédibilité scientifique. (Un hologramme visuel reconstitue l’image d’un objet grâce à des rayons laser. Comment transposer cela pour le cerveau ?)

 

Les champs morphiques de Sheldrake offrent une deuxième possibilité. Ils sont censés propager des mémoires par résonance à travers l’espace-temps. L’idée est originale. Mais sur quoi repose-t-elle ? Pour que cette approche débouche sur une véritable avancée scientifique, elle doit aller au-delà de la simple hypothèse qu’elle paraît encore être aujourd’hui. Saura-t-elle se rattacher à des réalités et à des processus testables ? (D’où viennent ces champs et de quelle nature sont-ils ? Comment les résonances morphiques se créent-elles ?)

 

Une troisième possibilité est celle que je propose. Elle est fondée sur la notion de psychomatière. Voici en quelques mots de quoi il s’agit. C’est très simple. Prenons de la matière inerte et rajoutons-lui une goutte de psychisme. C’est fait, nous voilà en présence de psychomatière ! Elle est l’union d’une partie physique et d’une partie psychique, que je désigne par ‘phi’ et par ‘psi‘ respectivement.

 

Ainsi construite, la psychomatière paraît être une sorte de super-matière. Mais ô déception, elle ressemble à s’y méprendre à notre bonne vieille matière de toujours. Pourquoi ? Parce que sa partie psychique est généralement indécelable, car latente. (3)

Note de bas de page (3) A l’état latent, la partie psychique dort d’un sommeil profond d’où elle ne sort que rarement. Elle est donc d’une discrétion exemplaire –c’est à croire qu’elle n’existe pas ! Ce serait d’ailleurs la vraie raison pour laquelle la plupart des physiciens l’ignorent : elle se cache trop bien. Quand elle "dort", elle est inconsciente. Quand elle se "réveille" elle devient très faiblement consciente en petite quantité, et vraiment consciente à grande échelle seulement.

 

Un croquis valant plus de mille mots à ce qu’on dit, je vais présenter la psychomatière par le schéma MPS, qui symbolise deux particules élémentaires de psychomatière. Ces particules, parce qu’elles sont riches de leurs deux composantes 'psi' et 'phi', ont des modes d’interaction plus variés que si elles n’étaient que physiques. (Pour simplifier j’ai naïvement représenté chaque particule par un œuf.) On voit apparaître trois types d’interactions possibles, que je désigne par les lettres M, P et S.

 

Le schéma M–P–S

 

(1) et  (2)

                                                                                                                                 

 

       (1) et (2) sont deux particules élémentaires de psychomatière, représentées par deux cercles. Chacune possède une partie psychique, 'psi' (y), et une partie physique, 'phi' (j). Sur la figure, elles occupent respectivement les demi-cercles du haut (y1 et y2) et ceux du bas (j1 et j2).

 

       Cette double nature –physique et psychique : ‘psi’ et ‘phi’– des deux particules permet une richesse dans leurs comportements et une diversité dans leurs relations plus grandes que si elles n’étaitent que matérielles, c’est-à-dire privée du ‘psi’. Le croquis montre quelles interactions peuvent s’instaurer entre elles. Ces diverses interactions, notées M, P et S, sont représentées par des lignes continues.

 

       M est une interaction matérielle: elle ne concerne que les deux ‘phi’ (j1 et j2). (M comme interaction Matérielle.)

 

       P est une interaction interne à chaque particule, entre son 'phi' et son 'psi'. Je l’appelle l’interaction ou la phase parale. (P comme interaction Parale.)

 

       S relie entre elles les composantes 'psi' (y1 et y2) de chaque particule. Elle les soude en une unité psychique globale. Je la baptise l’interaction suprale ou le lien supral. (S comme interaction Suprale.)

 

 

 

Quelles sont ces interactions M, P et S ? Peut-on les identifier ? J’ai répondu à ces questions dans d’autres écrits. Le point clef est que la partie physique (le ‘phi’) est déterministe alors que la partie psychique (le ‘psi’) est indéterministe. Plus profondément, le ‘phi’ est exo-causal alors que le ‘psi’ est endo-causal. (4)

Note de bas de page (4) L’exo-causalité caractérise toute entité soumise à une loi rigide car immuablement imposée de l’extérieur. L’endo-causalité caractérise tout être ayant une certaine capacité à façonner ses propres lois d’évolution. Il peut donc les modifier de manière imprévisible, en apparence non causale. Il possède une sorte de libre-arbitre, souvent très rudimentaire.

 

En poursuivant, on verrait que les interactions M, P et S correspondent à des choses bien précises en physique, (5) ce qui permet même de proposer un modèle explicatif du cerveau conscient. Mais je n’en dirai pas plus : seule S nous intéresse ici. (6)

Note de bas de page (5) Avec la psychomatière la physique change de peau, elle devient une psycho-physique. Je crois que c’est parce que nous persistons à ne pas le voir que la mécanique quantique reste incompréhensible à nos yeux, après quelques 80 années d’efforts infructueux pour lui donner un sens acceptable.

Note de bas de page (6) S est l’interaction ou le lien supral ; P est l’interaction ou la phase parale. Les notions nouvelles doivent être vêtues de mots nouveaux !

 

Le lien supral, S, relie et fusionne le ‘psi’ de particules distinctes même quand celles-ci sont très éloignées. Etant strictement psychique –ce qui le rend aussi peu décelable que le ‘psi’ lui-même–, il est ‘télépathique’ et transcende l’espace-temps de la matière. C’est un fil magique et invisible, pour lequel les distances ne comptent pas.

 

La supralité (qui désigne l’existence des liens suprals) est extrêmement riche. Parce qu’elle soude le ‘psi’ de particules dispersées dans l’univers, elle forme un champ non-local qui tisse une grande toile cosmique dont nous faisons partie. Elle y dessine une infinie variété de figures, que j’appelle les suprels. Ces suprels sont les pixels de l’esprit : ils encodent de l’information psychique. Ils sont des mémoires engrammées dans la grande toile collective et délocalisée. (7)

Note de bas de page (7) La notion de suprel se comprend aisément par analogie avec les ficelles et les perles. Il y a de nombreuses façons de relier un ensemble donné de perles par des bouts de ficelle. Chaque façon dessine dans l’espace une figure précise de nature géométrique ou plutôt, topologique. C’est pareil pour les suprels. Ils sont des figures topologiques reliant des particules élémentaires (les perles) par des liens suprals (les bouts de ficelle). L’énorme diversité combinatoire de ces figures permet d’encoder une variété tout aussi énorme d’informations. Ces dernières, parce qu’elles sont internes au réseau ‘psi’ de la supralité, sont des données de nature psychique. Elles sont des mémoires subjectives. Nos souvenirs personnels, forgés au travers de notre vécu, en font partie.

 

La toile cosmique est faite d’un ‘psi’ qui demeure très généralement inconscient : elle serait la source de l’inconscient collectif de Jung. Ses bases psycho-physiques sont clairement définies. Elle est riche de toutes les mémoires qui y sont déposées depuis la nuit des temps, et que l’on peut explorer par channelling. Notons ses affinités avec les Annales Akashiques des Hindous ainsi qu’avec les champs morphiques.

 

 

Un Monde Invisible tout en Subtilité…

 

Ce qui précède a plusieurs conséquences. La première est que notre conscience n’est pas séparée. Bien au contraire et même si nous ne le percevons que rarement (voire jamais !), notre psyché et le champ ‘psi’ collectif s’interpénètrent en permanence. Cela crée une formidable dynamique d’échanges, généralement inconscients, où circulent notamment des mémoires et des énergies subtiles (d’amour et de paix par exemple).

 

Cette interconnexion est une interdépendance. C’est elle qui se manifeste dans la télépathie et le channelling. Elle rend les frontières du moi floues. En fait, elle les rend inexistantes. L’individu n’est plus dissociable du reste, ses limites disparaissent. Il mute pour grandir et embrasser l’impermanente totalité du monde. Cette conclusion est singulièrement proche de ce qu’enseigne le bouddhisme depuis des millénaires.

 

Une deuxième conséquence est que la source du channelling n’est pas forcément à chercher auprès de tel ange ou de tel Maître ascensionné. Elle provient au contraire des couches les plus profondes de notre intériorité. Plus précisément, elle émane de ce niveau essentiel et paradoxal où l’intérieur et l’extérieur se rejoignent, où l’individuel se fond dans le collectif.

 

D’ailleurs, chercher la lumière c’est chercher le divin en soi. C’est chercher notre grandeur intérieure. Cette dernière est infiniment plus large que notre individualité dérisoirement petite. Elle est portée et nourrie par notre connexion intime à la grande toile suprale. Cette connexion est source de richesses inépuisables, qui s’offrent à quiconque sait la toucher avec le cœur. Là est le secret d’un vrai channel : il sait toucher la source avec son coeur.

 

Une dernière conséquence concerne l’espace-temps. La grande toile psychique est le double subtil et invisible de l’univers tangible. Elle est très étendue, car présente jusque dans ses confins les plus reculés. Or nous savons par la relativité d’Einstein que tout ce qui est étalé dans l’espace l’est aussi dans le temps, et inversement. L’un ne va pas sans l’autre. Donc le champ ‘psi’ global, déployé dans l’espace, l’est aussi dans l’épaisseur du temps.

 

Autrement dit, notre psychisme et notre inconscient sont étalés sur la totalité du temps, ils sont un indissociable passé-présent-futur. Les implications sont énormes. Elles incluent nos facultés de pressentiment et de prémonition, vérifiées expérimentalement (D. Radin, GCP). Elles incluent la surprenante mais inévitable possibilité d’accéder à des informations du passé autant que du futur, même lointains. Les nouveaux prophètes ne sont pas qu’une pure fiction !

 

 

Le Merveilleux Secret du Cerveau Droit

 

Melvin Morse n’a aucun doute. Pour lui, le lobe temporal droit est le lieu où l’homme rencontre Dieu. Car la stimulation électrique d’une petite zone du cerveau située au-dessus de l’oreille droite, dans ce lobe, peut déclencher des sensations proches de l’extase mystique ou de certaines NDE. Cette zone est là où s’enracine notre union mystique avec le Tout.

 

Notre cerveau est extraordinaire. Il semble spécialement conçu pour que nous puissions découvrir et ressentir les immenses richesses de l’interconnexion et de la reliance, N’est-ce pas étonnant ? L’univers est intelligent et généreux. Il nous donne à tous la possibilité de devenir channel.

 

Il nous suffit de savoir écouter avec le cœur notre petite voix intérieure. Nous pouvons tous développer cette aptitude, par une pratique régulière de la méditation par exemple. Nous aurons un autre regard sur le monde et sur nous-mêmes, et notre vie changera. C’est magique et c’est très simple. Faisons confiance à notre intuition, et nous deviendrons les vrais prophètes du temps présent !

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus

 

Girard, Jean-Pierre (1996) Psychic ou le pouvoir de l’esprit sur la matière, Filippacchi

Morse, Melvin (2003) La divine connexion, Le Jardin des livres

Radin, Dean (1997) The conscious universe, Harper Edge

Ransford, Emmanuel (2001) ‘Conscience non-locale et NDE : une hypothèse’, Cahiers de IANDS-France, H.S. n°7

Sheldrake, Rupert (1995) Sept expériences qui peuvent changer le monde, Le Rocher

Wallon, Philippe (1999) Le paranormal, P.U.F., coll. "Que sais-je ?", n° 3424

 

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