Le Kamasutra Pour les nuls

 

 

Vatsyayana

 

"En résumé, une personne intelligente et prudente,

qui s'occupe de Dharma et d'Artha,

et aussi de Kama,

sans devenir l'esclave de ses passions,

réussira dans toute chose qu'elle pourra entreprendre.  "

 


Préambule

 

 

Salutation à Dharma, Artha et Kama

 

Au commencement, le Seigneur des Etres créa les hommes et les femmes, et, sous forme de commandements en cent mille chapitres, traça les règles de leur existence parr rapport à Dharma qui est l'acquisition du mérite religieux, Artha qui est l'acquisition de la richesse, de la ropriété, etc.  et Kama qui est l'amour, la jouissance, le plaisir sensuel.  On a conservé partout ces trois mots.  On ut aussi les définir par venu, richesse et plaisir, trois choses dont il est continuellement question dans les Lois de Manou.

 

Quelques-uns de ces commandements, ceux, par exemple, qui traitent de Dharma, furent écrits séparément par Swayambhou Manou; ceux qui regardent Artha furent compilés par Brihaspati; et ceux qui ont trait à Kama furent exposés par Nandi, disciple de Mahadeva, en mille chapitres.

lus tard, ces Kama Sutra (aphorismes sur l'amour), écrits par Nandi en mille chapitres, furent reproduits par Shvetaketou, fils d'Uddvalaka, sous une forme abrégée, en cinq cents chapitres; le même ouvrage fut également reproduit sous une forme abrégée, en cent cinquante chapitres, par Babhravya, héritier de la région de unchala (au sud de Delhi). 

 

Ces cent cinquante chapitres étaient réunis sous les sept titres ou divisions que voici:

 

.Sadharana (questions générales).

.Samprayogika (embrassements, etc.).

.Kanya Samprayuktaka (union du mâle et de la femelle).

.Bharyadhikarika (sur sa propre épouse).

.Paradarika (sur les épouses d'autrui).

.Vaisika (sur les courtisanes).

.Aupamishadika (sur les arts de la séduction, les médecines toniques, etc.).

 

La sixième partie de ce dernier ouvrage fut séparément exposée par Dattaka à la requête des femmes publiques de taliputra (Patna); de même la première partie, par Charayana.  Les autres parties, savoir la deuxième, la troisième, la quatrième, la cinquième et la septième furent chacune séparément exposées par:

 

Suvamanabha (deuxième partie);

Ghotakamukha (troisième partie);

Gonardiya (quatrième partie);

nikaputra (cinquième partie);

Kuchumara (septième rtie).

 

Ainsi rédigé en parties séparées par différents auteurs, l'ouvrage était presque impossible à trouver complet; et comme les parties exposées par Dattaka et les autres ne traitaient que des matières spéciales dont chacune d'elles était le sujet; comme, d'ailleurs, l'oeuvre originale de Babhravya n'était pas d'une étude facile, à cause de son étendue, Vatsyayana, par ces diverses raisons, a composé le présent ouvrage, d'un volume restreint, en guise de résumé de tous les travaux des susdits auteurs.  remière partie lan de l'ouvrage - Questions générales Chapitre premier lan de l'ouvrage remière partie

 

Chapitre Ier.  Table des matières.

 

Chapitre II .  observations sur les trois acquisitions terrestres: Vertu, Richesse, Amour.

 

Chapitre III.  De l'étude des soixante-quatre Arts.

 

Chapitre IV.  De l'Aménagement d'une Maison et du Mobilier d'intérieur; de la Vie journalière d'un Citoyen, ses Compagnons, ses Amusements, etc.

 

Chapitre V .  Des catégories de Femmes propres ou impropres au Congrès avec le Citoyen; des Amis et Messagers.

 

Deuxième partie - De l'union sexuelle Chapitre Ier.  Des diverses sortes d'Unions suivant les Dimensions, la Force du Désir, le Temps; et des différentes sortes d'Amour. 

 

Chapitre II.  De l'Embrassement.

 

Chapitre III.  Du Baiser.

 

Chapitre IV.  De la Pression ou Marque avec les Ongles.

 

Chapitre V.  De la Morsure, et des Procédés d'Amour à mployer avec les Femmes de différents pays.

 

Chapitre VI.  Des différentes manières de se coucher, et des différentes sortes de Congrès.

 

Chapitre VII.  Des différentes manières de frapper, et des Sons appropriés.

 

Chapitre VIII .  Des Femmes qui jouent le rôle des mmes.

 

Chapitre IX .  De l'intromission du Lingam dans la Bouche.

 

Chapitre X.  Par où commencer et par où finir le Congrès.

 

Différentes sortes de Congrès, et Querelles d'Amour.

 

Troisième partie - De l'acquisition d'une épouse Chapitre I er.  Observations sur les Fiançailles et le Mariage.

 

Chapitre II.  De la Confiance à inspirer à la Fille.

 

Chapitre III.  De la Cour, et de la manifestation des sentiments par signes et actes extérieurs.

 

Chapitre IV.  Des choses que l'Homme doit faire seul, ur s'assurer l'acquisition de la Fille.  Pareillement, ce que doit faire la Fille pour dominer l'Homme et se l'assujettir.

 

Chapitre V.  Des différentes Formes de Mariage.

 

Quatrième partie - De l'épouse

 

Chapitre I er.  De la manière de vivre d'une Femme vertueuse, et de sa conduite pendant l'absence de soi Mari.

 

Chapitre II.  De la conduite de la plus ancienne Epouse nvers les autres Epouses de son Mari, et de la plus jeune Epouse envers les plus ancienne.  De la conduite d'une Veuve Vierge remariée; d'une Epouse rebutée par son Mari; des Femmes dans le Harem du Roi; et d'un Epoux qui a plus d'une Epouse.

 

 

Cinquième partie - Des épouses d'autrui

 

Chapitre Ier.  Des Caractéristiques des Hommes et des Femmes, et pourquoi les Femmes résistent aux poursuites des Hommes.  Des Hommes qui ont du succès auprès des Femmes, et des Femmes dont la conquête est facile.

Chapitre II.  Des moyens d'aborder une Femme, et des fforts à faire pour la conquérir.

Chapitre III.  Examen de l'état d'esprit d'une Femme.

Chapitre IV.  Des devoirs d'une Entremetteuse.

Chapitre V.  De l'Amour des Personnes en charge pour les Epouses d'autrui.

Chapitre VI.  Des femmes du Harem royal, et de la garde de sa propre Epouse.

Sixième partie - Des Courtisanes Chapitre Ier.  Pourquoi les Courtisanes s'adressent aux mmes; des moyens de s'attacher l'Homme désiré, et de l'espèce d'Homme qu'il est désirable de s'attacher.

Chapitre II.  De la Courtisane vivant maritalement avec un Homme.

Chapitre III.  Des Moyens de gagner de l'Argent; des Signes qu'un Amant commence à se fatiguer, et de la manière de s'en débarrasser.

Chapitre IV .  D'une nouvelle Union avec un ancien Amant.

Chapitre V.  Des différentes sortes de Gain.

Chapitre VI.  Des Gains et des Pertes, Gains et Pertes ccessoires, Doutes; et enfin, des différentes sortes de Courtisanes.

 

 

Septième partie - Des moyens de s'attacher les autres

 

Chapitre Ier.  De la Parure personnelle, de la séduction des coeurs, et des médecines toniques. 

 

Chapitre II .  Des moyens d'exciter le Désir, et des rocédés à employer pour renforcer le Lingam.

Expériences et Recettes diverses. 

 

Chapitre II - de l'acquisition de Dharma, Artha et Kama L'homme, dont la période de vie est de cent années, doit ratiquer Dharma, Artha et Kama à différentes époques, t de telle manière qu'ils puissent s'harmoniser entre eux sans le moindre désaccord.  Il doit acquérir de l'instruction dans son enfance; dans la jeunesse et l'âge mûr, il s'occupera d'Artha et de Kama, et dans la vieillesse il ursuivra Dharma, s'efforçant ainsi de gagner Moksha, c'est-à-dire la dispense de transmigration ultérieure.  Ou, étant donné l'incertitude de la vie, il peut pratiquer ces trois choses aux époques qui lui seront spécifiées.  Mais une chose à noter, c'est qu'il doit mener la vie d'un étudiant religieux jusqu'à ce qu'il ait fini son éducation.

Dharma est l'obéissance au commandement des Shastra u Ecriture Sainte des Hindous, de faire certaines choses, telles que des sacrifices, lesquelles ne sont pas énéralement faites, farce qu'elles n'appartiennent pas à ce monde et ne produisent pas d'effet visible; et de ne pas faire d'autres choses, comme de manger de la viande, ce qui se fait souvent parce que cela est de ce monde et a des ffets visibles., Dharma est enseigné par le Shruti (Ecriture Sainte) et par ceux qui l'expliquent.

Artha est l'acquisition des arts, terres, or, bétail, richesses, équipages et amis.  C'est, en outre, la protection de ce qui st acquis, et l'accroissement de ce qui est protégé.  Artha est enseigné par les officiers du Roi, et par les négociants versés dans le commerce.  Kama est la jouissance d'objets appropriés, par les cinq sens de l'ouïe, du toucher, de la vue, du goût et de l'odorat, assistés de l'esprit uni à l'âme.  Le point essentiel en ceci est un contact spécial entre l'organe du sens et son objet, et la conscience du plaisir qui en résulte s'appelle Kama.

Kama est enseigné par les Kama Sutra (aphorismes sur l'amour) et par la pratique des citoyens.

Quand tous les trois, Dharma, Artha et Kama, sont réunis, le Précédent est meilleur que le suivant; c'est-à-dire, Dharma est meilleur qu'Artha, et Artha meilleur que Kama.  Mais Artha doit toujours être pratiqué d'abord par le Roi, car c'est d'Artha seul que dépend la subsistance du uple.  De même, Kama étant l'occupation des femmes ubliques, elles doivent le préférer aux deux autres.  Ce sont là les exceptions à la règle générale.

remière objection.

lusieurs savants hommes disent que Dharma se rapportant à des choses qui ne sont pas de ce monde, il ut convenablement en être traité dans un livre; comme ussi d'Artha, parce que la pratique en est possible seulement par l'application de certains moyens, dont la connaissance ne s'acquiert que par l'étude et les livres.

Mais Kama, étant une chose pratiquée même par la création brute et qui se voit partout, n'a aucunement besoin d'un livre pour l'enseigner.

Réponse Cela n'est pas exact.  Le commerce sexuel étant une chose dépendante de l'homme et de la femme, il requiert l'application de certains moyens enseignés par les Kama Shastra.  La non-application de moyens spéciaux, que nous remarquons dans la création brute, est due à ce que les nimaux n'ont pas d'entraves; à ce que leurs femelles ne sont propres au commerce sexuel qu'à certaines saisons, sans plus; enfin, à ce que leur rapprochement n'est récédé d'aucune sorte de pensée.

Deuxième objection Les Lokayatikas disent: Les commandements religieux ne doivent pas être observés, car ils portent un fruit à venir, si même, ce qui est douteux, ils portent un fruit quelconque.  Oui serait assez fou pour laisser aller dans les mains d'un autre ce qu'il a dans ses propres mains?

D'ailleurs, il est préférable d'avoir un pigeon aujourd'hui qu'un paon demain; et une pièce de cuivre que nous vons la certitude d'obtenir est meilleure qu'une pièce d'or dont la possession est douteuse.  Réponse Cela n'est pas exact.

.L'Ecriture Sainte, qui ordonne la pratique de Dharma, ne permet aucun doute.

.Les sacrifices, qu'on fait pour la destruction des nnemis, ou pour avoir de la pluie, ont un fruit visible.

.Le soleil, la lune, les étoiles, les planètes et autres corps célestes, paraissent opérer intentionnellement pour le bien du monde, c'étaient certainement des matérialistes qui semblaient croire qu'un oiseau dans la main en vaut deux dans le buisson.

.L'existence du monde est assurée par l'observation des règles concernant les quatre classes d'hommes et leurs quatre stages de vie.

.Nous voyons qu'on sème de la graine dans la terre avec l'espoir d'une moisson future.

Vatsyayana, en conséquence, est d'avis qu'il faut obéir aux commandements de la religion.

roisième objection Ceux qui croient que le Destin est le premier moteur de toutes choses disent: Nous ne devons pas nous efforcer d'acquérir la richesse, car souvent on ne l'acquiert pas n dépit de tous les efforts, tandis que d'autres fois elle nous vient sans aucun effort de notre part.

Conséquemment, toute chose est au pouvoir du Destin, qui est le maître du gain et de la perte, du succès et du désastre, du plaisir et de la peine.  Ainsi avons-nous vu Bali élevé au trône d'Indra par le Destin, puis renversé r le même pouvoir, et c'est le Destin seul qui peut le réinstaller.

Réponse Ce raisonnement n'est pas juste.  Comme l'acquisition d'un bjet quelconque Présuppose dans tous les cas un certain ffort de la part de l'homme, application de moyens convenables peut être considérée comme la cause de toutes nos acquisitions, et cette application de moyens convenables étant dès lors nécessaire (même quand une chose doit fatalement arriver), il s'ensuit qu'une personne qui ne fait rien ne goûtera aucun bonheur.

Quatrième objection Ceux qui inclinent à penser qu'Attira est le principal objet à se procurer raisonnent ainsi: Il ne faut pas rechercher les plaisirs, parce qu'ils font obstacle à la pratique de Dharma et d'Attira, qui tous les deux leur sont supérieurs, et qu'ils sont méprisés par les Personnes de mérite.  Les plaisirs conduisent l'homme à a détresse, et ce mettent en contact avec des gens de peu; ils lui font commettre des actes irréguliers et le rendent impur, lui inspirent l'insouciance de l'avenir, et encouragent la dissipation et la légèreté.  Il est notoire, d'ailleurs, qu'une foule d'hommes exclusivement adonnés au plaisir se sont s dus, eux, leurs familles et leurs amis.  Ainsi le roi Dandakya, de la dynastie Bhoja, fi avait enlevé une fille de Brahmane dans une mauvaise intention, et bientôt ruiné et perdit son royaume.  Indra, qui avait violé la chasteté d'Ahalya, en fut sévèrement puni.  De même le uissant Kichaka, qui avait essayé de séduire Draujadi, t Ravana, qui avait voulu abuser de Sita, furent châtiés ur leurs crimes.  Ces personnages et beaucoup d'autres furent les victimes de leurs plaisirs.

Réponse Cette objection ne tient pas, car les plaisirs, étant aussi nécessaires que la nourriture à l'existence et au bien-être du corps, sont par suite également légitimes.  Ils sont, de lus, les résultats de Dharma et d'Artha.  D'ailleurs, il convient d'apporter dans les plaisirs de la modération et de la prudence.  Personne ne s'abstient de cuire des aliments rce qu'il y a des mendiants pour les demander, ou de semer des grains parce qu'il y a des bêtes pour détruire le blé quand il est mûr.

Donc un homme qui pratique Dharma, Artha et Kama ûte le bonheur à la fois dans ce monde et dans le monde à venir.  Les gens de bien pratiquent les actes dont le résultat ne leur instruire aucune crainte pour le monde à venir, et qui n'offrent aucun danger pour leur bien-être.

ut acte qui conduit à la pratique de Dharma, Artha et Kama réunis, ou de deux, ou même d'un seul, doit être xécuté; mais il faut s'abstenir d'un acte qui conduirait à la pratique d'un seul aux dépens des deux autres.  Chapitre III - des arts et sciences à étudier L'homme doit étudier les Kama Sutra et les arts et sciences qui s'y rattachent, concurremment avec les arts et sciences relatifs à Dharma et Artha.  Les jeunes filles doivent aussi étudier les Kama Sutra, ainsi que les arts et sciences accessoires, avant leur mariage, puis continuer cette étude avec le consentement de leurs maris.

Ici des savants interviennent, disant que les femmes, uxquelles il est interdit d'étudier aucune science, ne doivent pas étudier les Kama Sutra.

Mais Vatsyayana est d'avis que cette objection ne tient s: car les femmes connaissent déjà la pratique des Kalqa Sutra, pratique qui dérive des Kama Shastra, ou de la science de Kama lui-même.  En outre, ce n'est pas seulement dans ce cas particulier, mais dans beaucoup d'autres, que, la pratique de la science étant connue de tous, que quelques uns seulement connaissent les règles et les lois sur lesquelles la science est basée.  Ainsi les Yadnikas ou sacrificateurs, quoique ignorants de la rammaire, emploient des mots appropriés en s'adressant ux différentes Divinités, et ne savent pas comment ces mots s'écrivent.  Ainsi encore telles et telles personnes remplissent leurs devoirs à tels ou tels jours propices fixés r l'astrologie, sans être initiées à la science astrologique.

De même les conducteurs de chevaux et d'éléphants ntraînent ces animaux sans connaître la science de l'entraînement, mais uniquement par la pratique.

reillement encore le peuple des provinces les plus éloignées obéit aux lois du royaume par pratique, et parce qu'il y a un roi au-dessus de lui, sans autre raison.  Et nous savons par expérience que certaines femmes, telles que les filles des princes et de leurs ministres, et les femmes ubliques, sont réellement versées dans les Kama Shastra.

Une femme, conséquemment, doit apprendre les Kama Shastra, ou tout au moins une partie, en étudiant leur ratique sous la direction de quelque amie intime.  Elle doit étudier seule, en son particulier, les soixante-quatre ratiques qui appartiennent aux Kama Shastra.  Son institutrice sera l'une des personnes suivantes, savoir: la fille de sa nourrice qui aura été élevée avec elle et sera déjà mariée, ou une amie digne de toute confiance, ou la soeur de sa mère (c'est-à-dire sa tante maternelle), ou une vieille servante, ou une mendiante qui aura Précédemment vécu dans la famille, ou sa propre soeur, à qui elle peut toujours se confier.

Elle devra étudier les arts suivants, de concert avec les Kama sutra:

.Le chant.

.La musique instrumentale.

.La danse.

.L'association de la danse, du chant et de la musique instrumentale.

.L'écriture et le dessin.  .Le tatouage.

.L'habillement et la parure d'une idole avec du riz et des fleurs.

.La disposition et l'arrangement de lits ou couches de fleurs, ou de fleurs sur le sol.

.La coloration des dents, des vêtements, des cheveux, des ngles et des corps; c'est-à-dire leur teinture, leur coloris t leur peinture.

.La fixation de verres de couleur sur un plancher.

.L'art de faire les lits et d'étendre les tapis et coussins ur reposer.

.Le jeu de verres musicaux remplis d'eau.

.L'emmagasinage et l'accumulation de l'eau dans les queducs, citernes et réservoirs.

.La peinture, l'arrangement et la décoration.

.La confection de rosaires, colliers, guirlandes et couronnes.

.Le façonnage de turbans et de chapelets, d'aigrettes et noeuds de fleurs.

.Les représentations scéniques.  Les exercices de théâtre.

.La confection d'ornements d'oreilles.

.La préparation de parfums et d'odeurs.

.L'habit et arrangement des bijoux et décorations, et la rure dans l'habillement.

.La magie ou sorcellerie.

.L'agilité ou adresse de la main.

.L'art culinaire.

.La préparation de limonades, sorbets, boissons cidulées et extraits spiritueux avec parfums et coloris convenables.

.L'art du tailleur et la couture.

.La confection de perroquets, fleurs, aigrettes, glands, bouquets, balles, noeuds, etc., en laine ou en fil.

.La solution d'énigmes, logogriphes, mots couverts, jeux de mots et questions énigmatiques.

.Un jeu, qui consiste à répéter des vers: lorsqu'une rsonne a fini, une autre personne doit commencer ussitôt, en répétant un autre vers dont la première lettre doit être la même que la dernière du vers par où a fini le récédent récitateur; quiconque manque de répéter est considéré comme perdant et obligé de payer un forfait ou de laisser son enjeu.

.L'art de a mimique ou imitation.

.La lecture, y compris le chant et l'intonation.

.L'étude des phrases difficiles à prononcer.  C'est un xercice qui sert d'amusement surtout aux femmes et aux nfants: étant donné une phrase difficile, qu'il faut répéter rapidement, les mots sont souvent transposés ou mal rononcés.

.L'exercice de l'épée, du bâton simple, du bâton de défense, de l'arc et des flèches.

.L'art de tirer des inférences, de raisonner ou inférer.

.La menuiserie, ou l'art du menuisier.

.L'architecture, ou l'art de bâtir.

.La connaissance des monnaies d'or et d'argent, des bijoux et pierres précieuses.  .La chimie et la minéralogie.

.Le coloriage des bijoux, pierres précieuses et perles.

.La connaissance des mines et carrières.

.Le jardinage; l'art de traiter les maladies des arbres et des plantes, de les entretenir et de déterminer leur âge.

.La conduite des combats de coqs, de cailles, de béliers.

.L'art d'instruire à farter les perroquets et les sansonnets.

.L'art d'appliquer des onguents parfumés sur le corps, d'imprégner les cheveux de pommades et de parfums et de les tresser.

.L'intelligence des écritures chiffrées et l'écriture des mots sous différentes formes.

.L'art de parler en changeant la forme des mots.  Cela se fait de diverses manières.  Les uns changent le commencement et la fin des mots; les autres intercalent des lettres parasites entre chaque syllabe d'un mot, etc.

.La connaissance des langues et des dialectes rovinciaux.

.L'art de dresser des chariots de fleurs.

.L'art de tracer des diagrammes mystiques, ou de réparer des charmes et enchantements, et de nouer des bracelets.

.Les exercices d'esprit, tels que de compléter des stances ou des versets dont vous n'avez qu'une partie; ou de suppléer une, deux ou trois lignes lorsque les autres lignes ont été prises au hasard dans différents versets, de manière à faire du tout un verset complet pour le sens; ou d'arranger les mots d'un verset qu'on aurait irrégulièrement écrit en séparant les voyelles des consonnes ou en les omettant tout à fait; ou de mettre en vers ou en Prose des phrases représentées par des signes u des symboles.  Il y a une foule d'exercices de ce genre.

.La composition des poèmes.

.La connaissance des dictionnaires et vocabulaires.

.L'art de changer et de déguiser l'apparence des rsonnes.

.L'art de changer l'apparence des choses, comme de faire prendre du coton pour de la soie, des objets grossiers t communs pour des objets fins et rares.

.Les différentes sortes de jeu.

.L'art d'acquérir la propriété d'autrui par voie de muntras ou enchantements.

.L'adresse aux exercices juvéniles.

.La connaissance des usages sociaux, et l'art de résenter aux autres ses respects et compliments.

.La science de la guerre, des armes, des armées, etc.

.L'art de la gymnastique.

.L'art de deviner le caractère d'un homme par les traits de son Visage.

.L'art de scander ou de construire des vers.

.Les récréations arithmétiques.

.La confection des fleurs artificielles.

.La confection de figures et images en argile.

Une femme publique, douée de bonnes dispositions, ayant de la beauté jointe à d'autres attraits, et, aussi, versée dans les arts ci dessus, reçoit le nom de Ganika, ou femme ublique de haute qualité; elle a droit, dans une société d'hommes, à un siège d'honneur.  Toujours respectée par le Roi et louangée par les lettrés, ayant ses faveurs recherchées de tous, elle devient l'objet de la considération universelle.  Pareillement, la fille d'un roi, comme celle d'un ministre, si elle possède les arts ci-dessus, peut s'assurer la préférence de son époux, alors même que celui-ci aurait des milliers d'autres femmes.  Ajoutez à cela que si une femme vient à être séparée de son mari et tombe en détresse, elle peut gagner aisément sa vie, même à l'étranger, grâce à la c onnaissance de ces arts.  Leur connaissance seule est un attrait pour une femme, bien que leur pratique soit seulement possible dans telles ou telles circonstances.  Un homme versé dans ces arts, rlant agréablement et au fait des procédés de la lanterie, conquiert vite le coeur des femmes, même près un temps très court de relations.  Chapitre IV - la vie d'un citoyen Un homme instruit de la sorte, et possesseur d'une fortune qu'il peut avoir acquise par don, conquête, opérations de commerce, dépôt ou héritage de ses ancêtres, doit devenir chef de maison, et mener la vie de citoyen.  Il prendra une maison dans une ville ou un grand village, ou dans le voisinage d'honnêtes gens, ou dans un lieu fréquenté par un grand nombre de personnes.  Cette résidence sera située rès d'un cours d'eau, et divisée en différents compartiments pour divers objets.  Elle sera entourée d'un jardin, et contiendra deux appartements, l'un extérieur, l'autre intérieur.  L'appartement intérieur sera occupé par les femmes; l'autre, embaumé de riches parfums, renfermera un lit, moelleux, agréable à l'oeil, couvert d'un drap de parfaite blancheur, jeu élevé vers le milieu, surmonté de guirlandes et de faisceaux de fleurs, avec un baldaquin au-dessus, et deux oreillers, l'un à la tête, l'autre u pied.  Il y aura aussi une sorte de sofa ou lit de repos, et à la tête une crédence où seront placés les onguents rfumés pour la nuit, des fleurs, des pots de collyre et utres substances odoriférantes, les essences servant à rfumer la bouche et des écorces de citron commun.  Près de ce sofa, sur le plancher, un crachoir, une boîte à rures, et aussi un lit pendu à une défense d'éléphant, une table à dessiner, un pot de parfums, quelques livres et des guirlandes d'amarantes jaunes.  Un peu plus loin, et sur le plancher, il doit y avoir un siège rond, une boîte à jeux t une table à jouer aux dés; en dehors de l'appartement xtérieur seront des volières, et une salle séparée pour filer, sculpter le bois et autres semblables divertissements.

Dans le jardin, il y aura une balançoire tournante et une rdinaire; puis un berceau de plantes grimpantes couvert de fleurs, avec un banc de gazon pour s'asseoir.

Levé dès le matin, le chef de maison, après s'être occupé des devoirs indispensables, se lavera les dents, s'appliquera sur le corps, en quantité modérée, des nguents et des parfums, mettra du collyre sur ses upières et sous ses yeux, colorera ses lèvres avec de l'alacktaka, et se regardera dans le miroir.  Puis, ayant mangé des feuilles de bétel et d'autres choses qui rfument la bouche, il vaquera à ses affaires habituelles.

Chaque jour, il prendra un bain, de deux jours l'un s'oindra le corps avec de l'huile, tous les trois jours s'appliquera sur le corps une substance mousseuse, se fera raser la tête (visage compris) tous les quatre jours, et les utres parties du corps tous les cinq ou dix jours.  Tout cela doit être ponctuellement exécuté; il aura soin, également, de faire disparaître la sueur des aisselles.  Il rendra ses repas dans la matinée, dans l'après-midi, et ncore le soir, comme le prescrit Charayana.  Après déjeuner, il s'occupera d'apprendre à parer à des rroquets et autres oiseaux; puis viendront les combats de coqs, de cailles et de béliers.  Un temps limité sera consacré à des divertissements avec des Pithamardas, des Vitas et des Vidushakas; ensuite il fera la sieste de midi.

uis, le chef de maison, s'étant revêtu de ses habits et rnements, passera l'après-midi à converser avec ses amis.

Le soir, on chantera.  Enfin, le chef de maison, en compagnie l'un ami, attendra dans sa chambre, réalablement décorée et Parfumée, la venue de la femme qui peut lui être attachée, ou bien lui enverra une messagère, ou ira lui-même la trouver.  Lorsqu'elle sera rrivée, lui et son ami lui souhaiteront la bienvenue et la récréeront par des propos aimables et plaisants.  Telle sera la dernière occupation du jour.  Voici les divertissements t amusements auxquels on se livrera de temps à autre:

.Festivals en l'honneur de différentes Divinités.

.Réunions de société des deux sexes.

.Parties à boire.

.Pique-niques.

.Autres divertissements de société.  Festivals A certain jour particulièrement propice, une assemblée de citoyens devra se tenir dans le temple de Saraswati.  Ce sera alors l'occasion d'éprouver le talent des chanteurs ou utres artistes qui auront pu venir dans la ville, et le lendemain il y aura toujours une distribution de récompenses.  On pourra ensuite les retenir ou les renvoyer, selon que l'assemblée aura ou non goûté leurs xercices.  Les membres de l'assemblée devront agir de concert en temps de détresse comme en temps de rospérité; et c'est aussi le devoir de ces citoyens de donner l'hospitalité aux étrangers qui auront pu venir dans l'assemblée.  Ceci s'applique, bien entendu, à tous les utres festivals qui peuvent être célébrés en l'honneur des différentes Divinités, conformément aux présentes règles.

Réunions de société Lorsque des hommes de même âge, dispositions et talents, yant le goût des mêmes plaisirs, avec le même degré d'éducation, se réunissent en compagnie de femmes ubliques, ou dans une assemblée de citoyens, ou au domicile d'un des deux, pour y tenir ensemble d'agréables conversations, cela s'appelle une réunion de société.  On s'y amuse notamment à compléter des vers à moitié composés par d'autres, et à éprouver l'instruction de chacun dans les différents arts.

Les femmes d'une grande beauté, ayant des goûts nalogues à ceux des hommes et des attraits propres à captiver les coeurs, ne manquent pas d'être honorées dans ces réunions.

rties à boire mmes et femmes doivent boire dans les maisons les uns des autres.  Et alors les hommes feront boire aux femmes publiques, et boiront eux-mêmes des liqueurs telles que le Madhou, l'Aireya, le Sara et l'Asawa, qui sont de goût amer et sur; et aussi d'autres boissons faites avec les écorces de différents arbres, des fruits et des feuilles sauvages.

romenades aux jardins, ou pique-niques Dans la matinée, les hommes, après s'être habillés, se rendront à cheval aux jardins, accompagnés de femmes ubliques et suivis de domestiques.  Ils vaqueront à aux xercices convenables, Passeront le temps en agréables distractions, telles que combats de cailles, de coqs et de béliers, et autres spectacles; puis ils s'en retourneront chez ux dans l'après-midi, en rapportant des bouquets de fleurs, etc.

De la même façon, en été, ils iront se baigner dans une u dont préalablement on aura retiré les animaux méchants ou dangereux, et qui aura été empierrée de tous côtés.

Autres divertissements de société sser les nuits à jouer aux dés.  Se promener au clair de lune.

Célébrer une fête en honneur du printemps.  Cueillir les bourgeons et les fruits du manguier.  Manger les fibres du lotus.  Manger les épis le blé tendres.  Faire des pique-

niques dans les forêts quand les arbres revêtent leur nouveau feuillage.  L'Udakakshvedika, ou exercice dans l'eau.  Se décorer mutuellement avec les fleurs de certains rbres.  Se battre avec les fleurs de l'arbre Kadamba; et une foule d'autres exercices connus dans tout le pays, ou rticuliers à certaines provinces.

Ces amusements et d'autres semblables seront toujours en usage parmi les citoyens.

Ils seront, notamment, goûtés par un homme qui se divertit seul avec une courtisane, ou bien par une courtisane qui se récrée de même an compagnie de servantes ou de citoyens.

Un Pithamarda est un homme sans fortune, seul dans le monde, font l'unique propriété consiste dans son Mallika, quelque substance mousseuse, et un habit rouge; qui vient d'une bonne contrée, et qui est habile dans tous les arts: en nseignant ces arts, il est repu dans la compagnie des citoyens et dans les demeures des femmes publiques.

Un Vita est un homme qui jouit des avantages de la fortune: compatriote des citoyens avec lesquels il se lie, ssédant les qualités d'un chef de maison, ayant sa femme avec lui, il est honoré dans l'assemblée des citoyens et dans les demeures des femmes publiques, dont l'assistance le fait vivre.

Le rire est un personnage versé seulement dans quelques rts, un amuseur bien vu de tout le monde.

Ces différentes personnes servent d'intermédiaires dans les querelles et réconciliations entre citoyens et femmes ubliques.

Cette remarque s'applique aussi aux mendiantes, aux femmes à tête rasée, aux femmes adultères, et aux vieilles femmes publiques habiles dans tous les arts.

Ainsi un citoyen qui réside dans sa ville ou dans son village, respecté de tous, entretiendra des relations avec les personnes de sa caste qui méritent d'être fréquentées.

Il conversera dans leur compagnie et sera jouir ses amis de sa société; en leur rendant des services, il les induira, par son exemple, à s'obliger de même les uns les autres.

Il y a, sur ce sujet, quelques versets dont voici le texte: Un citoyen qui converse dans une société sur certains topiques, sans employer exclusivement la langue sanskrite, ni les dialectes du pays, s'attire un grand respect.  Le sage ne doit pas s'affilier à une société que le ublic méprise, qui n'est gouvernée par aucune règle, et qui tend à la destruction des autres.  Mais un homme savant, allié à une société dont les actes sont au gré du uple et qui a pour unique objet le plaisir, est hautement respecté dans ce monde.

Moins d'entrain et d'ingénuité; parfois, il y souffre de son intervention.  D'après la définition technique de ses ttributs, il doit, par sa contenance, son âge, son habillement, être ridicule de façon à provoquer la gaieté.

 

Chapitre V - des sortes de femmes frequentées par les citoyens, des amis et messagers Lorsque Kama est pratiqué par des hommes des quatre castes, conformément aux règles de la Sainte Ecriture (c'est-à-dire par mariage légal), avec des vierges de leur ropre caste, c'est un moyen d'acquérir une postérité légale et une bonne réputation, et ce n'est pas non plus sé aux usages du monde.  Au contraire, la pratique de Kama avec les femmes de castes plus élevées, et avec celles dont d'autres ont déjà joui, quoiqu'elles soient de la même caste, est prohibée.  Mais la pratique de Kama avec des femmes des castes inférieures, avec des femmes xcommuniées de leur Propre caste, avec des femmes ubliques, et avec des femmes deux fois mariées, n'est ni rdonnée ni prohibée.  La pratique de Kama avec de telles femmes n'a pour objet que le plaisir.

Les Nayikas, donc, sont de trois sortes: filles, femmes deux fois mariées, et femmes publiques.  Gonikaputra a émis l'opinion qu'il existe une quatrième sorte de Nayika, savoir: une femme à qui l'on s'adresse par une occasion spéciale, même si elle est déjà mariée à un autre.  Ces ccasions spéciales naissent, pour un homme, de l'un ou de l'autre des raisonnements ci-après:

.Soit cette femme est volontaire, et beaucoup d'autres en nt joui avant moi.  Je puis, en conséquence, m'adresser à lle comme à une femme publique quoiqu'elle appartienne à une caste plus élevée que la mienne, et, ce faisant, je ne violerai pas les commandements de Dharma.

Ou bien:

.Cette femme est deux fois mariée, et d'autres en ont joui vant moi; rien ne m'empêche, en conséquence, de m'adresser à elle.

Ou bien:

.Cette femme a gagné le coeur de son grand et puissant époux, et elle exerce de l'empire sur lui, qui est l'ami de mon ennemi; si donc elle se lie avec moi, elle obtiendra de son mari qu'il abandonne mon ennemi.

Ou bien:

.Cette femme fera tourner en sa faveur l'esprit de son mari, qui est très puissant, et lui, étant mal disposé pour moi en ce moment-ci, projette de me faire quelque mal.

Ou bien:

.En me liant avec cette femme, je tuerai son mari, et je mettrai ainsi la main sur ses immenses richesses que je convoite.

Ou bien:

.L'union de cette femme avec moi ne présente aucun danger, et elle m'apportera une fortune dont j'ai très grand besoin, vu ma pauvreté et mon impuissance à me soutenir.

Ce sera donc un moyen de m'approprier ses grandes richesses sans aucune difficulté.

Ou bien:

.Cette femme m'aime ardemment, et elle connaît mes côtés faibles.  Si, en conséquence, je refuse de m'unir à lle, elle publiera mes défauts, de façon à ternir mon caractère et ma réputation.  Ou encore elle portera contre moi quelque grosse accusation, dont il me sera difficile de me débrouiller, et je serai ruiné.  Ou peut-être elle détachera de moi son mari, qui est puissant et sur qui elle de l'empire, et elle lui fera prendre le parti de mon nnemi, ou elle même s'alliera avec ce dernier.

Ou bien:

.Le mari de cette femme a violé la chasteté de mes femmes: je lui rendrai donc cette injure en séduisant les siennes.

Ou bien:

.Avec l'assistance de cette femme, je tuerai un ennemi du Roi qui a cherché asile près d'elle et que le Roi m'a rdonné de détruire.

Ou bien:

.La femme que j'aime est sous la domination de cette utre femme.  Je pourrai, au moyen de celle-ci, me faire ccueillir de la première.

Ou bien:

.Cette femme me procurera une fille, riche et belle, mais qu'il est difficile d'aborder parce qu'elle est sous la domination d'un autre.

Ou, enfin:

.Mon ennemi est l'ami du mari de cette femme.  Je urrai la faire mettre en relations avec lui et causer ainsi de l'inimitié entre son mari et lui.  ur ces raisons et autres semblables, on peut s'adresser ux femmes d'autrui, mais il doit être bien entendu que cela est seulement permis pour des raisons spéciales, et non pour la pure satisfaction d'un désir charnel.

Charayana pense que, ceci étant donné, il y a encore une cinquième sorte de Nayika, savoir: une femme entretenue r un ministre, ou qui le visite de temps à autre; ou une veuve qui favorise le dessein d'un homme auprès de celui qu'elle fréquente.

Suvamanabha ajoute qu'une femme qui vit en ascète et dans l'état de veuvage peut être considérée comme une sixième sorte de Nayika.

hota amukha dit que la fille d'une femme publique, et une servante, qui sont encore vierges, forment une septième sorte de Nayikas.

nardiya prétend que toute femme issue d'une bonne famille, lorsqu'elle est en âge, est une huitième sorte de yika.

Mais ces quatre dernières sortes de Nayikas ne diffèrent s beaucoup des quatre premières, car il n'existe pas de raisons spéciales pour s'adresser à elles.  En conséquence, Vatsyayana ne reconnaît que quatre sortes de Nayikas, savoir: la fille, la femme deux fois mariée, la femme ublique, et la femme à qui l'on s'adresse pour un objet spécial.

On ne doit pas jouir des femmes suivantes:

Une lépreuse; Une lunatique; Une femme chassée de sa caste; Une femme qui révèle des secrets; Une femme qui xprime publiquement son désir du commerce sexuel; Une femme extrêmement blanche; Une femme xtrêmement noire; Une femme qui sent mauvais; Une femme qui est votre proche parente; Une femme qui vous st liée d'amitié; Une femme qui vit en ascète; Et, enfin, la femme d'un parent, d'un ami, d'un Brahmane lettré, ou du Roi.

Les disciples de Babhravya disent qu'il est permis de jouir d'une femme dont cinq hommes ont déjà joui.  Mais nikaputra est d'avis que, même dans ce cas, il faut xcepter les femmes d'un parent, d'un Brahmane lettré ou d'un roi.

Voici maintenant les différentes sortes d'amis:

Celui qui a joué avec vous dans la poussière, c'est-à-dire dans l'enfance; Celui qui vous est lié par une obligation; Celui qui a les mêmes dispositions et les mêmes goûts; Celui qui est un de vos camarades d'études; Celui qui est u fait de vos secrets et de vos défauts, et dont les défauts t les secrets vous sont aussi connus; Celui qui est l'enfant de votre nourrice; Celui qui a été élevé avec vous; Celui qui est un ami héréditaire.

Ces amis doivent posséder les qualités suivantes:

Ils doivent dire la vérité; Ils ne doivent pas changer avec le temps; Ils doivent favoriser vos desseins; Ils doivent être fermes; Ils doivent être exempts de convoitise; Ils doivent être incapables de se laisser gagner par d'autres; Ils ne doivent pas révéler vos secrets.

Charayana dit que les citoyens entretiennent des relations d'amitié avec des blanchisseurs, des arbiers, des vachers, des fleuristes, des droguistes, des marchands de feuilles de bétel, des cabaretiers, des mendiants, des Pithamardas, Vitas et Vidushakas, aussi bien qu'avec les femmes de tous ceux-ci.

Un messager doit posséder les qualités suivantes:

Adresse; Audace; Connaissance de l'intention des hommes par leurs signes extérieurs; Absence de confusion, c'est-à-dire pas de timidité; Connaissance de ce que signifient exactement les actes et les paroles des utres; Bonnes manières; Connaissance des temps et lieux convenables pour faire différentes choses; Loyauté en ffaires; Intelligence vive; Prompte application des remèdes, c'est-à-dire abondance et promptitude de ressources.

Et cette partie finit par un verset:

L'homme ingénieux et sage, qui est assisté par un ami, et qui connaît les intentions des autres, comme aussi le temps et le lieu convenables Pour faire chaque chose, ut triompher, très aisément, même d'une femme très difficile à obtenir.  Deuxième partie - de l'union sexuelle Chapitre premier Des sortes d'union sexuelle, suivant:

.Les dimensions; .La force du désir ou la passion; .Le temps Sortes d'unions L'homme est divisé en trois classes, savoir: l'homme-

lièvre, l'homme-taureau et l'homme-cheval, suivant la randeur de son Lingam.

La femme aussi, suivant la profondeur de son yoni, est une biche, une jument, ou un éléphant femelle.

Il s'ensuit qu'il y a trois unions égales entre personnes de dimensions correspondantes, et six unions inégales, quand les dimensions ne correspondent pas; soit neuf en tout, comme on le voit dans le tableau ci-dessous:

EGALES Lièvre Taureau Cheval Biche Jument Eléphant INEGALES Lièvre Lièvre Taureau Taureau Cheval Jument Eléphant Biche Eléphant Biche Dans ces unions inégales, lorsque l'homme surpasse la femme en dimensions, son union avec la femme qui, sous ce rapport, vient immédiatement après lui, s'appelle haute union, et elle est de deux sortes; tandis que son union avec la femme la plus éloignée de lui pour les dimensions s'appelle très haute union, et n'est que d'une sorte.

r contre, lorsque la femme surpasse l'homme en dimensions, son union avec l'homme qui vient immédiatement après elle s'appelle Basse union, et elle est de deux sortes; tandis que son union avec l'homme le plus éloigné d'elle s'appelle très basse union, et n'est que d'une sorte.

En d'autres termes, le cheval et la jument, le taureau et la biche, forment la haute union, tandis que le cheval et la biche forment la très haute union.  Du côté des femmes, l'éléphant et le taureau, la jument et le lièvre, forment la basse union, tandis que l'éléphant et le lièvre forment la très basse union.

Il y a donc neuf sortes d'unions suivant les dimensions.  De ces unions, les égales sont les meilleures; celles d'un degré superlatif, c'est-à-dire les très hautes et les très basses, sont les pires; les autres sont de moyenne qualité, et parmi celles-ci les hautes sont meilleures que les basses.

Il y a aussi neuf sortes d'unions suivant la force de la ssion ou désir charnel, savoir:

mmes Petite Moyenne Intense Femmes Petite Moyenne Intense mmes Petite Petite Moyenne Moyenne Intense Femmes Moyenne Intense Petite Intense Petite On dit de quelqu'un que c'est un homme de petite passion lorsque son désir au moment sexuel n'est pas vif, que son sperme est peu abondant, et qu'il ne peut supporter les chaudes étreintes de la femme.

Ceux qui ont un meilleur tempérament sont appelés hommes de passion moyenne; et ceux qui sont pleins de désir, hommes de passion intense.

De même, les femmes sont supposées avoir les trois degrés de passion, comme il est spécifié plus haut.

Enfin, suivant le temps employé, il y a trois catégories d'hommes et de femmes, savoir: ceux ou celles qui mploient peu de temps, ceux ou celles qui emploient un temps modéré, et ceux ou ce les qui emploient un long temps; et de là résultent, comme dans les combinaisons récédentes, neuf sortes d'unions.

Mais, sur ce dernier point, les opinions diffèrent au sujet de la femme, et il faut le constater.

Uddalaka dit: Les femmes n'émettent pas comme les hommes.  Les hommes assouvissent simplement leur désir, tandis que les femmes, dans leur conscience du prurit, ressentent une certaine sorte de plaisir qui leur est réable, mais il leur est impossible de vous dire quelle sorte de plaisir elles ressentent.  Un fait qui rend ceci évident, c'est que, dans le coït, les hommes s'arrêtent d'eux mêmes après l'émission, et sont satisfaits, mais qu'il n'en est pas ainsi pour les femmes.  Les hautes unions sont réputées meilleures que les basses, car, dans les remières, il est aisé à l'homme de satisfaire sa passion sans faire de mal à la femme, tandis que, dans les secondes, il est difficile que la femme soit entièrement satisfaite.

Cette opinion, toutefois, se heurte à une objection: c'est que si l'homme fait durer l'acte longtemps, la femme l'aime davantage, et que s'il le fait trop vite, elle est mécontente de lui.  Et cette circonstance, disent quelques-

uns, prouverait que la femme émet aussi.

Mais cette opinion n'est pas fondée; car s'il faut un long temps pour calmer le désir d'une femme, et que durant ce temps elle ressente un grand plaisir, il est tout à fait naturel qu'elle souhaite de le voir durer.  Et là-dessus il y un verset dont voici le texte:

r l'union avec les hommes, la lubricité, le désir ou la ssion des femmes sont satisfaits, et le plaisir qu'elles en ressentent est appelé leur satisfaction.  Les disciples de Babhravya, d'un autre côté, disent Que le sperme des femmes continue à tomber du commencement à la fin de l'union sexuelle; et cela doit être, car si elles n'avaient pas de sperme, il n'y aurait pas d'embryon.  ' Ici encore on bjecte: Au début du coït la passion de la femme est moyenne et elle a peine à soutenir les vigoureuses ussées de son amant; mais par degrés sa passion s'accroît jusqu'à ce qu'elle n'ait plus conscience de son corps, et alors enfin elle éprouve le désir de cesser le coït.

Cette objection, toutefois, est sans valeur; car même dans les choses ordinaires qui se meuvent avec une grande force, comme une roue de potier, ou une toupie, la motion, pour commencer, est lente, mais par degrés devient très rapide.  De même, la passion d'une femme s'étant graduellement accrue, elle éprouve le désir de cesser le coït quand tout son sperme est écoulé.  Et il y a là-dessus un verset dont voici le texte:

L'émission du sperme de l'homme a lieu seulement à la fin du coït, tandis que le sperme de la femme s'écoule d'une manière continue; et quand le sperme de l'un et de l'autre est tout entier écoulé, alors ils éprouvent le désir de cesser le coït.  Enfin, Vatsyayana est d'avis que le sperme de la femme s'écoule de la même façon que celui de l'homme.

Maintenant, quelqu'un pourra demander ici: Si l'homme t la femme sont des êtres de même espèce et concourent tous deux au même résultat, pourquoi ont-ils chacun des fonctions différentes à remplir?  Vatsyayana répond qu'il n est ainsi parce que les manières d'opérer, aussi bien que la conscience du plaisir, sont différentes chez l'homme et chez la femme.  La différence dans les manières d'opérer, l'homme étant agent et la femme patiente, est due à la nature du mâle et de la femelle: autrement l'agent pourrait être quelquefois le patient, et vice versa.  Et de cette différence dans les manières d'opérer suit une différence dans la conscience du plaisir, car l'homme pense:

Cette femme m'est unie, et la femme pense: Je suis unie à cet homme.

On peut observer: Si les manières d'opérer sont différentes chez l'homme et chez la femme, pourquoi n'y aurait-il pas une différence dans le plaisir même qu'ils ressentent et qui st le résultat de ces manières d'opérer?

Mais cette objection est sans fondement: car l'agent et le tient étant des personnes de différente sorte, il y a là une raison pour qu'ils opèrent de différentes manières; mais il n'y a pas de raison pour qu'il y ait une différence quelconque dans le plaisir qu'ils ressentent, parce que ce laisir dérive naturellement pour tous deux de l'acte qu'ils ccomplissent.

Là.  dessus encore, quelques uns pourront dire: Lorsque différentes personnes sont occupées au même ouvrage, nous voyons qu'elles concourent au même but ou objet; tandis qu'au contraire, dans l'union de l'homme et de la femme, chacun deux poursuit son but séparément, ce qui st illogique.  Mais l'observation n'est pas juste; car nous voyons quelquefois deux choses faites en même temps, comme dans le combat de béliers, où les deux béliers reçoivent, chacun en même temps, le choc sur leur tête.

De même, lorsqu'on lance l'une contre l'autre deux boules à jouer, et encore dans un combat ou lutte d'athlètes.  Si l'on observe que, dans ce cas, les éléments employés sont de même sorte, on répondra que, dans le cas de l'homme t de la femme, la nature des deux personnes est aussi la même.  Et comme la différence dans leur manière d'opérer rovient seulement de leur différence de conformation, il s'ensuit que les hommes éprouvent la même sorte de laisir que les femmes.

Il y a aussi là-dessus un verset dont voici le texte: Les hommes et les femmes étant de même nature, trouvent la même sorte de plaisir; et conséquemment un homme doit épouser une femme qui puisse l'aimer toujours dans la suite.  Etant prouvé que le plaisir des hommes et des femmes est de même sorte, il s'ensuit que, par rapport au temps, il y a neuf sortes de commerce sexuel, de même qu'il y en a neuf sortes par rapport à la force de la passion.

Et comme il existe ainsi neuf sortes d'unions par rapport ux dimensions, à la force de la passion et au temps, la combinaison de toutes ces sortes en produirait d'innombrables.  conséquemment, dans chaque sorte rticulière d'union sexuelle, les hommes doivent mployer tels moyens qu'ils jugeront convenables pour l'occasion.

La première fois qu'a lieu l'union sexuelle, la Passion de l'homme est intense, et le temps qu'il y met, court; mais dans les unions subséquentes de la même journée, c'est le contraire qui arrive.  Il en est tout autrement de la femme, car, à la première fois, sa passion est faible, et le temps qu'elle y met, long; mais aux reprises subséquentes de la même journée, sa passion est intense et le temps court, jusqu'à ce qu'elle soit pleinement satisfaite.

Des différente sortes d'amour Les hommes versés dans les humanités sont d'avis qu'il y a quatre sortes d'amour, savoir:

.Amour résultant d'une habitude continue L'amour résultant de l'exécution constante et continue de tel ou tel acte est dit amour acquis par pratique et habitudes constantes: comme, par exemple, l'amour du commerce sexuel, l'amour de la chasse, l'amour de la boisson, l'amour du jeu, etc.

.Amour résultant de l'imagination L'amour ressenti pour des choses auxquelles on n'est pas habitué, et qui procède entièrement des idées, est dit mour résultant de l'imagination: comme, par exemple, l'amour que certains hommes, femmes et eunuques éprouvent jour l'Auparishtaka ou congrès buccal, et celui que tout le monde éprouve pour des actes tels que d'embrasser, et baiser, etc.

.Amour résultant de la foi L'amour réciproque des deux Parts, et dont la sincérité n'est pas douteuse, quand chacun voit dans l'autre une moitié de soi-même, est dit amour résultant de la foi par xpérience.

.Amour résultant de la Perception d'objets extérieurs L'amour résultant de la perception d'objets extérieurs est bien évident et bien connu de tout le monde, car le plaisir qu'il procure est supérieur au plaisir des autres sortes d'amour, qui n'existent que par lui.

Ce qui est dit dans ce chapitre au sujet de l'union sexuelle st suffisant pour l'homme instruit; mais pour l'édification de l'ignorant, ce même sujet va être maintenant traité au long et en détail et à leurs femmes.  Une foule d'hommes sont dans la plus complète ignorance des sentiments de leur femme, et ne s'inquiètent nullement si elle est bien ou mal disposée.  Pour posséder à fond le sujet, il est bsolument nécessaire de l'étudier; on saura alors que, comme pour faire du pain il faut préparer la pâte, de même il faut préparer sa femme pour le commerce sexuel, si on veut qu elle en tire satisfaction.  Chapitre II - De l'embrassement Cette partie des Kama Shastra, Qui traite de l'union sexuelle, est aussi appelée Soixante quatre (Chatushshashti).  Certains vieux auteurs disent qu'on l'appelle ainsi parce qu'elle contient soixante-quatre chapitres.  Suivant d'autres, l'auteur de cette partie étant un rsonnage nommé Panchala, et celui qui récitait la partie des Rig Veda dite Dashatapa, qui contient soixante-quatre versets, se nommait aussi Panchala, le nom de Soixante-

quatre a été donné à cette partie de l'ouvrage en l'honneur des Iôg Veda.  D'un autre côté, les disciples de Babhravya disent que cette partie renferme huit sujets, savoir:

l'embrassement, le baiser, l'égratignure avec les ongles ou les doigts, la morsure, le coucher, la production de différents sons, la femme jouant le rôle de l'homme, et l'Auparishtaka, ou congrès buccal.  Chacun de ces sujets yant huit divisions, et huit multiplié par huit donnant soixante-quatre, cette partie est en conséquence appelée Soixante-quatre.  Mais Vatsyayana affirme que cette partie contenant aussi les sujets suivants, savoir: les coups, les cris, les actes de l'homme durant le congrès, les différentes sortes de congrès, et d'autres encore, c'est par hasard seulement Que ce nom de Soixante-quatre lui a été donné.

On dit, par exemple: cet arbre est Saptapama, ou à sept feuilles; cette offrande de riz est Panchavama, ou de cinq couleurs, quoique l'arbre n'ait pas sept feuilles, ni le riz cinq couleurs.

Quoi qu'il en soit, il est ici traité de cette partie Soixante-

quatre, et l'on va s'occuper du premier sujet, l'embrassement.

Or l'embrassement, qui indique l'amour mutuel de l'homme et de la femme réunis, est de quatre sortes, savoir:

L'action, dans chaque cas, est déterminée par le sens du mot qui la désigne.

uchant Lorsqu'un homme, sous un prétexte ou sous un autre, va u-devant ou à côté d'une femme et touche son corps avec le sien, c'est l'embrassement touchant.

rsant Lorsqu'une femme, dans un endroit solitaire, se penche comme pour ramasser quelque chose, et perce, pour ainsi dire, un homme assis ou debout, avec ses seins, dont l'homme s'empare aussitôt, c'est l'embrassement persant.

Les deux sortes d'embrassements ci-dessus n'ont lieu qu'entre personnes qui ne se parlent pas encore librement.

Frottant Lorsque deux amants se promènent lentement ensemble, dans l'obscurité, dans un lieu fréquenté ou dans un endroit solitaire, et se frottent le corps l'un contre l'autre, c'est l'embrassement frottant.

ressant Lorsque, en pareille occasion, l'un d'eux presse le corps de l'autre avec force contre un mur ou un pilier, c'est l'embrassement pressant.

Ces deux derniers embrassements sont particuliers à ceux qui savent leurs intentions réciproques.

Au moment de la rencontre, quatre sortes d'embrassements sont usités, savoir:

Jataveshtitaka, ou l'enlacement du reptile Lorsqu'une femme, se cramponnant à un homme comme un reptile s'enlace à un arbre, attire sa tête vers la sienne dans l'intention de le baiser, et, faisant entendre un léger son de soûtt soûtt, l'embrasse et le regarde avec amour, cet mbrassement s'appelle l'enlacement du reptile.

Vrikshadhirudhaka, ou le grimpement à l'arbre Lorsqu'une femme, ayant placé un pied sur le Pied de son mant, et l'autre sur une de ses cuisses, passe un de ses ras sur ses reins et l'autre sur ses épaules, chantonne à mi-

voix comme si elle roucoulait, et veut, en quelque sorte, rimper sur lui pour avoir un baiser, cet embrassement s'appelle le grimpement à l'arbre.

Ces deux sortes d'embrassements ont lieu lorsque l'amant st debout.

ila.Tandulaka, ou le mélange de graines de sésame et de riz Lorsque les amants sont couchés dans un lit, et s'embrassent si étroitement que les bras et les cuisses de l'un sont enlacés par les bras et les cuisses de l'autre, dans une sorte de frottement réciproque, cet embrassement s'appelle le mélange de graines de sésame et de riz.

Kshiraniraka, ou l'embrassement lait et eau Lorsqu'un homme et une femme s'aiment violemment, et, sans s'inquiéter de se faire mal, s'embrassent comme s'ils voulaient pénétrer dans le corps l'un de l'autre, que la femme soit assise sur les genoux de l'homme, ou devant lui, ou sur un lit, cet embrassement s'appelle le mélange de lait et d'eau.

Ces deux sortes d'embrassements ont lieu au moment de l'union sexuelle.

lles sont les huit sortes d'embrassements que nous a relatées Babhravya.

Suvamanabha nous donne, en outre, quatre manières d'embrasser de simples membres du corps, qui sont:

L'embrassement des cuisses Lorsque l'un des deux amants Presse avec force une des cuisses de l'autre, ou toutes les deux, contre la sienne ou les siennes propres, cela s'appelle l'embrassement des cuisses.

L'embrassement du jaghana, c'est-à-dire de la partie du corps entre le nombril et les cuisses Lorsque l'homme presse le jaghana ou partie médiane du corps de la femme contre le sien, et monte sur elle soit ur l'égratigner avec les ongles ou les doigts, soit pour la mordre, ou la frapper, ou la baiser, la chevelure de la femme étant dénouée et flottante, cela s'appelle l'embrassement du jaghana.

L'embrassement des seins Lorsqu'un homme applique sa poitrine contre les seins d'une femme et l'en presse, cela s'appelle l'embrassement des seins.

L'embrassement du front Lorsqu'un des amants applique sa bouche, ses yeux et son front sur la bouche, les yeux et le front de l'autre, cela s'appelle l'embrassement du front.

Suivant quelques-uns, le massage aussi est une sorte d'embrassement, parce qu'il implique un contact de deux corps.  Mais Vatsyayana pense que le massage a lieu à un utre moment et dans un but différent, et comme, de plus, il est d'un autre caractère, on ne peut pas dire qu'il soit compris dans les embrassements.

Il y a aussi, là-dessus, quelques versets dont voici le texte:

Le sujet tout entier de l'embrassement est de telle nature, que les hommes qui s'en enquièrent, ou qui en entendent rler, ou qui en parlent, éprouvent par cela seul un désir de jouissance.  Certains embrassements non mentionnés dans les Kama Shastra doivent être néanmoins pratiqués au moment de la jouissance sexuelle, s'ils peuvent de façon ou d'autre Procurer un ccroissement d'amour.  Les règles des Shastra sont pplicables aussi longtemps que la passion de l'homme st moyenne; mais une fois la roue d'amour mise en motion, il n'y a plus ni Shastra ni règles.  Chapitre III - Du baiser Quelques-uns prétendent qu'il n'y a pas d'ordre ni de temps fixé Jour l'embrassement, le baiser, et la pression ou égratignure avec les ongles ou les doigts, mais que toutes ces choses doivent avoir lieu généralement avant l'union sexuelle: tandis que les coups et l'émission de différents sons accompagnent généralement cette union.

Vatsyayana, quant à lui, pense que tout est on à un moment quelconque, l'amour n'ayant souci ni d'ordre ni de temps.

A l'occasion du premier congrès, il faut user modérément du baiser et des autres pratiques ci-dessus mentionnées, ne s les continuer longtemps, et les alterner.  Mais, aux reprises suivantes, c'est le contraire qui est de saison, et la modération n'est plus nécessaire; on peut les continuer longtemps et, afin d'attiser l'amour, les exercer toutes à la fois.

Le baiser portera sur les Parties suivantes: le front, les yeux, les joues, la gorge, la poitrine, les seins, les lèvres et l'intérieur de la bouche.  Les gens du pays de Lat baisent ussi les endroits suivants: les jointures des cuisses, les bras et le nombril.  Mais Vatsyayana est d'avis que, si ces ns pratiquent ainsi le baiser par excès d'amour et conformément aux coutumes de leur province, il n'est pas convenable de tous de les imiter.

Maintenant, lorsqu'il s'agit d'une jeune fille, trois sortes de baisers sont en usage, savoir:

Le baiser nominal Lorsqu'une fille touche seulement la bouche de son amant vec la sienne, mais sans rien faire elle même, cela s'appelle le baiser nominal.

Le baiser palpitant Lorsqu'une fille, mettant un peu de côté sa pudeur, veut toucher sa lèvre qui presse sa bouche et, dans ce but, fait mouvoir sa lèvre inférieure, mais non la supérieure, cela s'appelle le baiser palpitant.

Le baiser touchant Lorsqu'une fille touche la lèvre de son amant avec sa langue, et fermant les yeux, met ses mains dans celles de son amant, cela s'appelle le baiser touchant.

D'autres auteurs décrivent quatre sortes de baisers, savoir:

Le baiser droit Lorsque les lèvres de deux amants sont directement mises contact les unes avec les autres, cela s'appelle un baiser droit.

Le baiser penché Lorsque les têtes de deux amants sont penchées l'une l'autre et que, dans cette position, ils se donnent un baiser, s'appelle un baiser penché.

Le baiser tourné Lorsque l'un d'eux fait tourner le visage de l'autre en lui la tête et le menton, et lui donne alors un baiser, cela s'appelle baiser tourné.

Le baiser pressé Enfin, lorsque la lèvre inférieure est pressée avec force, s'appelle un baiser pressé.

Il y a aussi une cinquième sorte de baiser, qu'on appelle le randement pressé.  On le pratique en tenant la lèvre inférieure deux doigts, puis, après l'avoir touchée avec la langue, on la très fort avec la lèvre.

En matière de baiser, on peut jouer à qui s'emparera des lèvres de l'autre.  Si la femme perd, elle fera mine de écartera son amant en battant des mains, lui tournera le dos et cherchera querelle en disant: Donne-moi la revanche.  Si elle une seconde fois, elle paraîtra doublement affligée; et amant sera distrait ou endormi, lle s'emparera de sa lèvre et la tiendra entre ses dents, de façon qu'elle ne puisse puis elle éclatera de rire, fera grand bruit, se moquera de lui, tout autour, et dira ce qui lui ssera par la tête, en remuant sourcils et en roulant les yeux.  Tels sont, les jeux et les querelles accompagnent le baiser, mais on peut les associer aussi à la ou égratignure vec les ongles et les doigts, à la morsure et à verbération.

utefois, ces pratiques ne sont familières qu'aux hommes t aux femmes de passion intense.

Lorsqu'un homme baise la lèvre supérieure d'une femme, t celle-ci, en retour, baise la lèvre inférieure de son mant, cela est le baiser de la lèvre supérieure.

Lorsque l'un d'eux prend entre ses lèvres les deux lèvres de cela s'appelle un baiser sernant.  Mais cette sorte de baiser n'est par une femme que sur un homme sans moustaches.  Et si, de ce baiser, l'un des amants touche vec sa langue les dents, et le palais de l'autre, cela s'appelle le combat de la langue.  Il y a de pratiquer, de la même manière, la pression des dents de l'un la bouche de l'autre.

Le baiser est de quatre sortes, savoir: modéré, contracté, t doux, suivant les différentes parties du corps car différentes sortes de baisers sont appropriées du corps.

Lorsqu'une femme regarde le visage de son amant pendant sommeil, et le baise.  Pour montrer son intention ou désir, cela s'appelle un baiser qui attise l'amour.

Lorsqu'une femme baise son amant pendant qu'il est en ffaires, ou qu'il a querelle, ou qu'il regarde quelque autre chose, de façon à distraire son esprit, cela s'appelle un baiser qui distrait.

Lorsqu'un amant, rentré tard la nuit, baise sa maîtresse ndormie sur son lit afin de lui montrer son désir, cela s'appelle un baiser qui éveille.  En pareille occasion, la femme peut faire semblant de dormir à l'arrivée de son mant, de sorte qu'elle puisse connaître son intention et btenir son respect.

Lorsqu'une personne baise l'image de la personne aimée, réfléchie dans un miroir, dans l'eau, ou sur un mur, cela s'appelle un baiser qui montre l'intention.

Lorsqu'une personne baise un enfant assis sur ses genoux, u une peinture, ou une image, ou une figure, en présence de la personne aimée, cela s'appelle un baiser transféré.

Lorsque la nuit, au théâtre, ou dans une réunion de caste, un homme allant au-devant d'une femme baise un doigt de sa main si elle est debout, ou un orteil de son pied si elle st assise; ou lorsqu'une femme, en massant le coys de son mant, met son visage sur sa cuisse, comme si elle vouait dormir, de manière à enflammer sa passion, et baise sa cuisse ou son gros orteil, cela s'appelle un baiser démonstratif.

Il y a aussi, sur ce sujet, un verset dont voici le texte: