La Formule de Dieu.

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fbailly
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La Formule de Dieu.

Messagepar fbailly » 17 févr. 2016 13:44

Posté de GILDAS ROUVILLOIS.

Résumé du livre de José Rodrigues dos Santos.
Sous couvert d'un roman d'espionnage, J.Rodrigues dos Santos nous offre uneleçon de physique et de cosmologie, assortie d'une réflexion pertinente surl'intelligence artificielle. Il se projette dans quelques personnages-clés; le cryptologue Tomas Noronha, son père Manuel Noronha, mathématicien,lephysicien Luis Rocha, le moine bouddhiste Tenzing Thubten, qui représentent les différents aspects de la pensée de l'auteur.1ère Scène (circa 1950) ; conversation à Princeton (Massachusetts) entreAlbert Einstein, le savant, et David ben Gourion, premier ministre dunouvel étatd'Israël.L'homme politique demande au savant de l'aider à construire une bombeatomique (sous écoute de la CIA, of course…). Celui-ci refuse, en raisondeson pacifisme militant et de la mauvaise expérience des bombes lancées surle Japon. Il explique à son interlocuteur que toute son activitéintellectuelle est consacrée à ses recherches sur une théorie « unifiée », englobant la gravité et l'électromagnétisme. Au passage Einsteinexplique à son interlocuteur pourquoi il a abandonné le concept d'un Dieu personnel pour se tourner vers une vision panthéistede l'univers vu comme un grand corpspensant. Il récuse le concept d'un Dieu bon et tout puissant car il juge les deux concepts contradictoires. Si Dieu est bon il ne peut pas être tout puissant (il ne peut empêcher le mal, l'holocauste). S'il est tout puissant, il ne peut être bon puisqu'il permet au mal d'exister. Einstein ne croit pas au Dieu de la Torah. Il croit au Dieu de Spinoza qui se manifeste dans l'ordre harmonieux de ce qui existe.
Il est impossible de prouver l'existence de Dieu ni sa non existence. Nous avons seulement la capacité de sentir le mystère, d'éprouver une sensation d'éblouissement face au merveilleux système qui régit l'univers. Au passage Einstein donne un petit cours de physique sur les 4 forces qui gouvernent l'univers :
-gravitation
-électromagnétisme
-interaction forte
-interaction faible C'est l'interaction forte qui donne naissance à l'énergie nucléaire avec des applications civiles (les réacteurs nucléaires) et militaire (les bombes atomiques)
La CIA qui épie la conversation est persuadée que Ben Gourion a convaincu Einstein de l'aider à développer une bombe atomique pour Israël sous le nom de code « Die Gottesformel », en allemand : la formule de Dieu.

2ème scène : dialogue entre Tomas Noronha, cryptologue, héros du roman , et son père Manuel, éminent mathématicien et professeur à l'université de Coimbra au Portugal.
Tomas : qu'est-ce qui organise les atomes de manière à former des cellules vivantes ? Serait-ce une force vitale ? Serait-ce un esprit ? Serait-ce Dieu ?
« Non mon fils ; ce qui organise des atomes de manière à former des cellules vivantes ce sont les lois de la Physique. Tel est le cœur du problème. Réfléchis comment un ensemble d'atomes inanimés peut-il former un système vivant ? La réponse se trouve dans l'existence des lois de complexité… Les systèmes vivants sont en réalité, le produit d'une incroyable complexification des systèmes inorganiques, et de la même manière que la vie est le produit de la complexification de la manière inerte, la conscience est le produit de la complexification de la vie.
La matière est le « hardware », et notre conscience est le « software ».
Quel est le but du programme ? Probablement la survie des gènes. Selon cette définition un ordinateur serait un être vivant, et les ordinateurs futurs atteindront un degré d'intelligence qui pourrait être égal ou supérieur au nôtre. Mais les émotions ? La conscience ?
L'intelligence est une forme élevée de complexité et il n'est pas nécessaire d'atteindre le niveau de l'intelligence humaine ; le chien a des émotions et une conscience.
Il y a donc beaucoup d'espoir pour les ordinateurs : après tout, le cerveau est un super ordinateur avec des synapses et des neurones à la place des fils et de la matière grise à la place des puces. Le mathématicien Alan Turing disait « le jour où l'on pourra tenir une conversation avec un ordinateur, on aura la preuve de son intelligence » mais pour en arriver là il faudra surmonter un problème de logique mathématique : les paradoxes auto référentiels (par exemple le paradoxe du Crétois « je ne dis que des mensonges » … indécidable !… En 1931, le logicien Kurt Gödel a établi deux théorèmes d'incomplétude qui constituent une limitation intrinsèque du pouvoir des ordinateurs. La formule n'est indémontrable que pour celui qui travaille à l'intérieur du système. Seul celui qui se trouve en dehors du système peut la prouver.
C'est valable pour un ordinateur comme pour un être humain. Dans cette perspective, l'âme n'est qu'une invention, une merveilleuse illusion créée par notre ardent désir d'échapper à la mort.
Manuel Noronha parle du principe d'incertitude d'Heisenberg et de l'opposition d'Einstein au point de vue de la mécanique quantique (le chat de Schrödinger, à la fois vivant et mort tant qu'il n'est pas « observé »).
Mais lorsque les mathématiques contredisent l'intuition, elles ont presque toujours raison.
Einstein pensait que l'univers ne pouvait pas être géré par des lois différentes, les unes déterministes pour les grands objets (la relativité), les autres probabilistes pour les petits objets (la mécanique quantique).
Il se mit ainsi en quête d'une théorie unificatrice qui présenterait les forces fondamentales de la nature comme les manifestations d'une force unique. Avec sa nouvelle théorie, il cherchait à rassembler en une seule équation les phénomènes de la gravitation et de l'électromagnétisme. Selon lui « la Nature cache son secret à cause de son essence majestueuse mais jamais par malice. » Manuel Noronha continue « Dieu m'a toujours semblé n'être qu'une création humaine, une merveilleuse invention qui nous rassure et qui comble facilement les lacunes de notre connaissance. Le surnaturel n'est rien d'autre qu'une illusion entretenue par notre méconnaissance du naturel. Je crois que toutes les choses sont régies par des lois universelles, absolues et éternelles omnipotentes, omniprésentes et omniscientes ».
Tomas N « un peu comme Dieu ? » Manuel N « oui si tu veux… Il est vrai que les lois de l'univers présentent les mêmes attributs que ceux que l'on prête généralement à Dieu, mais c'est pour des raisons naturelles et non surnaturelles. » L'origine de ces lois de l'univers constitue un grand mystère. Le « Dieu des lacunes » a été utilisé par l'église pour expliquer des choses qui jadis n'avaient pas d'explication, mais elle a ensuite dû se renier lorsque des découvertes scientifiques démentaient l'explication divine. (Copernic, Galilée, Newton, Darwin etc…)
L'univers présente un certain nombre de propriétés qui m'empêchent d'affirmer catégoriquement que Dieu n'existe pas.
Suit une discussion sur le problème du déterminisme et du libre arbitre.
Pierre-Simon de Laplace, un des plus grands astronomes du XVIIIème Siècle, élabora un modèle déterministe de l'univers, en observant que l'univers obéissait à des lois fondamentales. Il en déduisit que si nous connaissions ces lois et savions la position, la vitesse et la direction de chaque objet et de chaque particule, nous serions en mesure de connaître tout le passé et tout l'avenir, puisque tout est déjà déterminé. Napoléon demanda à Laplace à propos de son Essai philosophique sur les Probabilités : « et Dieu dans tout cela ? » - « Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse ! » Pour Laplace tout est déterminé et pour illustrer son propos il introduit un « démon » chargé d'exécuter les détails des lois scientifiques à l'œuvre dans l'univers.
Einstein a repris cette philosophie déterministe dans sa théorie de la relativité, mais en 1927 l'apparition de la théorie quantique brise le déterminisme en introduisant les principes d'incertitude (Werner Heisenberg)
Le comportement des grands objets est déterministe, celui des petits objets est probabiliste. Ce qui conduisit Einstein à rechercher une théorie du Tout capable de concilier les contradictions.
Le principe d'incertitude conduit à des absurdités conceptuelles illustrées par le chat de Schrödinger ; Si une particule peut être en deux endroits à la fois, le chat peut être vivant et mort en même temps. En fait les micros particules ont un comportement déterministe mais indéterminables. La confusion entre indéterministe et indéterminable pose un véritable problème de sémantique ; le principe d'incertitude nous révèle que même si tout est déterminé la réalité dernière reste indéterminable. L'univers cache son mystère derrière cette subtilité.
Nous rejoignons ici la pensée de Shrî Aurobindo : « L'absolu n'est limitable, n'est définissable par aucune détermination …Son indéterminabilité est la condition naturelle et nécessaire à la fois de son infinité d'être et de son infinité de puissance d'être. » En 1961, le météorologue Edward Lorenz découvre que des modifications minuscules des données mathématiques initiales peuvent conduire à des changements spectaculaires dans le déroulement des phénomènes météorologiques simulés sur ordinateur, ce qui introduit le concept de chaos ; l'imprévisibilité ne ramène pas à l'indéterminisme, mais à l'indéterminable. Le comportement de la matière continue à être déterministe. Mais la matière s'organise de telle manière qu'il soit impossible de prévoir son comportement à long terme, bien qu'il soit déterminé à l'avance. Si tu préfères, on peut dire que le comportement des systèmes chaotiques est causal, mais semble casuel…
-Tomas : Hum ! Et penses-tu que ce qui est valable pour la météorologie peut également s'appliquer dans d'autres domaines ?
- Manuel : « Tomas, la théorie du chaos est présente partout. Partout. Si dans le monde quantique nous ne pouvons pas prévoir avec précision le comportement des microparticules, c'est peut-être parce qu'il est chaotique. Leur comportement est déterminé, mais les fluctuations de leurs conditions initiales sont si infimes qu'il est impossible d'anticiper leur évolution.
Le chaos est partout, même dans les grands objets comme en astronomie où il est impossible de calculer l'orbite des planètes au-delà de quelques millions d'années. Même nos vies sont gérées par le chaos ! D'où le dicton qui prétend que le diable se cache dans les détails… Les théorèmes de l'incomplétude montrent qu'un système mathématique ne peut prouver toutes ses affirmations…ils dévoilent une autre caractéristique de l'univers, qui semble nous dire :
« Vous, les humains, vous savez que certaines choses sont vraies, mais vous ne pourrez jamais le prouver à cause de la manière majestueuse dont moi, l'univers, j'ai dissimulé le reste de la vérité. Vous pourrez connaître une grande partie de la vérité, mais les choses sont conçues de telle façon que vous ne parviendrez jamais à l'appréhender tout entière. » Il y aura toujours du mystère au fond de l'univers.

Scène 3. Discussion sur la cosmologie entre Tomas Noronha et Luis Rocha, professeur de physique à Coimbra. (assistant du professeur Siza, enlevé par les services secrets Iraniens persuadés qu'il détient les secrets atomiques d'Einstein)
Luis Rocha explique à Tomas Noronha les mécanismes de naissance de vie et de mort de l'univers à la lumière de la cosmologie actuelle. L'univers aurait débuté avec l'explosion créatrice du Big Bang imaginé par l'abbé Lemaitre en 1931 (théorie de l'atome primitif). Le modèle du Big Bang a été conforté par la découverte du « rayonnement résiduel », le gaz de photons refroidi par son expansion à une température de l'ordre de 3° K, au bout de
15 milliards d'années. Le rayonnement résiduel a été découvert par Penzias et Wilson en 1965 en étalonnant des antennes radioélectriques et avait été prévu en 1948 par les astrophysiciens Alpher et Herman, collaborateurs de Gamow. 98% de la matière qui existe aujourd'hui et a été formée à partir de l'irruption initiale du Big Bang par conversion de l'énergie. Pour donner une échelle de temps aux grandes étapes de notre univers on peut imaginer celui-ci comme un homme avec une durée de vie de 120 ans : le soleil serait apparu dans cette échelle quand l'univers avait 10 ans et aujourd'hui il aurait 15 ans. La question qui se pose est de savoir si l'univers va poursuivre indéfiniment son expansion actuelle, débouchant sur une raréfaction de la matière et un refroidissement corrélatif (scénario du Big Freeze) ou bien si l'expansion va s'arrêter et laisser place à une phase de recompression qui le ramènera dans des conditions de densité voisines de ses débuts (scénario du Big Crunch). Nous y reviendrons dans un entretien ultérieur.
Le professeur Rocha parle ensuite du livre de Kant « la critique de la raison pure ». Dans la préface de la 2° édition, Kant énumère 3 grands problèmes de métaphysique que la science selon lui ne pourra jamais résoudre :
Dieu La liberté L'immortalité A travers le professeur Rocha, José Rodrigues nie le Dieu anthropomorphique de la bible et du christianisme. Pour lui, Dieu est une intelligence créatrice, subtile et omniprésente, peut-être amorale (au sens humain du terme) présente dans le cosmos et dans les atomes, qui intègre tout et qui donne vie à tout.
Faut-il admettre une intention dans la création ? Au plan sémantique, au-delà du réductionnisme matérialiste la vie est une structure d'information qui tend vers un but. L'univers est-il une partie de Dieu ?
Peut-on imaginer une équation régulant le Tout ? C'est ce qu'Einstein a cherché à faire avec la « formule de Dieu ».

4ème scène qui se passe au monastère de Tashi Lumpo à Shigatsé au Tibet, avec le Boddhisattva (moine ayant atteint la réalisation spirituelle)
Tenzing Thubten Dans sa jeunesse, le vieux moine a été un étudiant surdoué pour les sciences. Eduqué dans la langue Anglaise il a été envoyé à 20 ans aux USA à
l'université de Princeton, où il a été l'élève et le collaborateur d'Einstein, en compagnie du professeur Siza, le maître de Luis Rocha.
Revenu dans son pays il a embrassé la carrière monastique et atteint un haut degré d'évolution spirituelle.
A travers son discours José Rodrigues nous apporte la preuve d'une compréhension profonde de la spiritualité et de la cosmogonie Bouddhiste.
Pour le Boddhisattva toutes les choses et tous les éléments sont reliés par des fils invisibles. (ce que la physique nomme les corrélations).
Mieux, toutes les choses et tous les évènements sont des manifestations de la même unité. Tout est Un.
Vers l'âge de 20 ans il découvre que la science occidentale se rapproche étrangement de la spiritualité orientale. Pour l'hindouisme, la réalité est Brahman, pour le Bouddhisme la réalité est Dharmakaya..
La mythologie Hindoue repose sur l'histoire de la création du Monde à travers la danse de Shiva, le maître de la danse. La légende raconte que la matière était inerte jusqu'à ce que dans la nuit du Btrahman, Shiva entama sa danse au milieu d'un anneau de feu. C'est à cet instant que la matière se mit à pulser au rythme de Shiva dont la ronde transforma en un grand cycle de création et de destruction, de naissance et de mort. La danse de Shiva est le symbole de l'unité et de l'existence. C'est à travers elle que s'accomplissent les 5 actes divins :
-la création de l'univers
-sa durée dans l'espace
-sa dissolution
-l'occultation de la nature de la divinité
-La révélation de la vraie connaissance.
Les écritures sacrées disent que la danse provoqua une expansion, au cours de laquelle surgirent la matière et l'énergie (on retrouve ici le modèle occidental du Big Bang et de l'expansion de l'univers).
Le premier stade de l'univers fut formé par l'espace dans lequel tout s'amplifia avec l'énergie de Shiva. Les textes sacrés prévoient que l'expansion ira en s'accélérant, puis tout se mélangera et à la fin Shiva exécutera sa terrible danse de destruction. L'univers existe par la danse de Shiva et aussi par l'autosacrifice de l'Etre Suprême. Brahman joue le rôle du grand magicien qui devient le monde à travers le pouvoir créateur de Maya et de l'action du Karma. Le Karma, c'est la force de création, le principe actif de la pièce divine, l'univers en action et les différentes apparences ne sont que différents masques d'une seule Réalité qui est elle-même changeante.
-Brahman dans l'hindouisme, Dharmakaya dans le Bouddhisme, Tao en Chine.
De toute façon le réel est inexprimable, même dans la pensée occidentale (théorie du Réel voilé de Bernard d'Espagnat). Et le paradoxe EPR (Einstein-Podolsky-Rosen) confirmé par l'expérience d'Alain Aspect, montre l'unité des choses derrière une diversité de façade.
Alain Aspect donne raison à Bohr contre Einstein. Son expérience montre que, dans des conditions déterminées, les particules communiquent automatiquement entre elles. Les particules subatomiques peuvent se trouver à des points différents de l'univers, même très éloignés : la communication sera pourtant instantanée.
Si les microparticules communiquent entre elles, ce n'est nullement dû à un signal qu'elles émettraient les unes vers les autres. Cela procède simplement du fait qu'elles constituent une seule entité ; leur séparation est une illusion.
De nouvelles expériences effectuées en 1998 à Zurich et à Innsbruck, avec des techniques plus sophistiquées, ont tout corroboré.
La « Formule de Dieu » a l'ambition d'être la preuve scientifique de l'existence de Dieu (et non, comme le croyaient les Iraniens, un projet de « Bombe atomique du pauvre »).
Puis le vieux moine leur parle de la Bible, et plus particulièrement de la création du monde selon la Genèse. Il explique pourquoi Einstein a décidé de partir du principe que les six jours de la création, tels qu'ils sont décrits dans la Bible, devaient être regardés à la lumière de la relation entre le temps sur la terre et l'espace-temps dans l'univers. Quand il parle d'un jour, l'Ancien Testament fait évidemment référence à un jour terrestre. Mais selon la théorie de la relativité, plus un objet est massif, plus le temps s'écoule lentement à sa surface. Et la question qu'Einstein s'est posée est la suivante :
Combien de temps, à l'échelle temporelle de l'univers, correspond à un jour sur terre ?
Au début de l'univers, dans le modèle du Big Bang, la force de gravitation était énorme, et le passage du temps très lent. Puis il s'est accéléré de plus en plus, chaque duplication de la taille de l'univers en expansion doublant l'écoulement du temps.
On arrive de la sorte à une graduation des « jours », ou étapes de la création, à la lumière des équations de la relativité générale :
1er jour : 8 milliards d'années
2ème jour : 4 milliards
3ème jour : 2 milliards
4ème jour : 1 milliard
5ème jour : 500 millions
6ème jour : 250 millions A comparer avec l'âge de l'univers dans le modèle du Big Bang, soit 14 milliards d'années environ.
1er jour ( 8 milliards d'années) : Big Bang. Création de la matière à partir de l'énergie (la fameuse équation d'Einstein E= mc²). Formation des étoiles et des galaxies.
2ème jour (4 milliards d'années) : Formation de notre galaxie, et en particulier de notre Soleil.
3ème jour (2 milliards d'années) : Refroidissement de la Terre. Apparition de l'eau. Bactéries. Végétation marine (algues).
4ème jour (1 milliard) : Apparition du Soleil, de la Lune, des étoiles (Ils existaient dès le 2ème jour, mais n'étaient pas visibles depuis la Terre).
5ème jour (500 millions) : Apparition des animaux multicellulaires, de la vie marine. Les premiers animaux volants.
6ème jour (250 millions) : Cataclysme à -250 millions d'années, puis de nouvelles espèces apparaissent, et enfin l'homme.
Par conséquent le travail d'Einstein montre que l'histoire biblique de l'univers cadre avec son histoire scientifique si le temps est mesuré selon les fréquences de la lumière prévues par le modèle du Big Bang.

Scène N° 5 : Entretiens avec le Professeur Luis Rocha à l'Université de Coimbra.

Même si Einstein ne croyait pas au Dieu de la Bible, il pensait que par certains aspects et sous certaines formes les écritures sacrées dissimulaient des vérités profondes.
Comment pourrait-on prouver scientifiquement l'existence de Dieu ?on peut énoncer trois points principaux :
1) Dieu est subtil ; A travers la théorie du chaos, les théorèmes de l'incomplétude et le principe d'incertitude, on s'aperçoit que le Créateur a masqué sa signature, qu'Il s'est caché sous un voile ingénieusement conçu pour Le rendre invisible. Ce qui, bien entendu, complique sérieusement la tâche de prouver son existence.
2) Dieu n'est pas intelligible à travers l'observation. Autrement dit, on ne peut pas prouver son existence par le moyen d'un télescope ou d'un microscope.
3) Il existe un moyen indirect de parvenir à la preuve de l'existence de Dieu, en s'appuyant sur deux caractéristiques fondamentales ; l'intelligence et l'intention.
D'où la question ; Y a- t-il ou non une intelligence et une intention dans la création de l'univers ?
Pour l'intelligence, il semble difficile de nier…mais si l'intelligence cosmique est fortuite, il est difficile d'y voir la main de Dieu. Il faut donc déterminer également s'il y a une intention.
Le problème, c'est que le concept d'intention est très difficile à concrétiser (Pensons par exemple au jugement des accusés dans les tribunaux…).
Mais revenons à Einstein qui déclarait :
« Ce qui m'intéresse réellement, c'est de savoir si Dieu aurait pu faire le monde d'une autre manière, autrement dit si la nécessité d'une simplicité logique laisse quelque liberté. Si les conditions initiales avaient été autres, dans quelle mesure l'univers aurait-il été différent ? » Une décennie après la mort d'Einstein, la théorie du chaos apporte les outils mathématiques permettant d'aborder le problème de l'altération des conditions initiales d'un système.
Les constantes de la nature (vitesse de la lumière, gravitation, constante de Planck, masse de l'électron, etc…) forment une série de valeurs mystérieuses qui se trouvent au cœur de l'univers et qui lui confèrent nombre de ses caractéristiques actuelles, en constituant une sorte de code renfermant les secrets de l'existence.
L'univers lui-même s'est préparé à la vie. Ses propriétés telles qu'elles sont configurées sont des conditions indispensables pour permettre la vie.
Dans cette perspective, un grand nombre de paramètres doivent être réglés sur des valeurs bien spécifiques et très rigoureuses. Et ce réglage existe.
C'est ce qu'on appelle le « Principe anthropique », à la suite de l'astrophysicien Brandon Carter (1973). Ce principe signifie que l'univers a été créé pour que l'homme puisse y vivre. C'est la seule explication de cette incroyable série de coïncidences et d'improbabilités qui nous permettent d'être ici.
Nous trouvons donc dans l'univers deux « ingrédients » qui laissent deviner une volonté divine :
-l'intelligence avec laquelle tout est conçu
-l'intention de planifier les choses pour créer la vie Le principe anthropique nous révèle qu'il y a intention dans la conception de la vie. La vie n'est pas un accident, elle n'est pas le fruit du hasard, elle n'est pas le produit fortuit de circonstances anormales. Elle est le résultat inévitable de l'application de la physique avec les valeurs mystérieuses des constantes. La découverte du principe anthropique constitue la seconde voie qui confirme l'existence de Dieu. Tout est déterminé depuis le commencement, mais la « granularité » de l'espace-temps nous fait croire le contraire.
Quel est le but de l'existence humaine? quel est le but final de l'univers ?
L'évolution du Soleil veut que d'ici un milliard d'années environ, il se dilatera et brûlera toute vie biologique dans son cortège planétaire. Puis dans quatre ou cinq milliards d'années, il aura épuisé son combustible nucléaire (cycle de Bethe). Il y aura bien sûr création de nouvelles étoiles, mais de moins en moins, car là aussi, le combustible (hydrogène)
s'épuise.
Quelle solution au problème ? le principe anthropique final. L'univers est réglé pour provoquer la naissance de la vie. Mais pas de n'importe quelle vie. Il s'agit de la vie intelligente. Et une fois apparue, la vie intelligente ne disparaîtra jamais plus. Le scénario est décrit en termes scientifiques par le physicien Freeman Dyson : « Time without end, physics and biology in an open universe » (1979). Ce thème a été repris par un autre physicien, Steven Frautschi (Science, 1982).
1ère phase : développement de l'intelligence artificielle.
Le scénario prévoit l'utilisation de constructeurs universaux, généralisation des imprimantes 3D.
L'humanité construira des constructeurs universaux informatisés, avec des instructions spécifiques pour coloniser des nouveaux systèmes solaires et pour y construire de nouveaux constructeurs universaux, ce qui est l'amorce d'un processus en croissance exponentielle. Quelques scientifiques disent que c'est possible, en quelques milliers d'années -à peine ! le coût ne serait même pas extravagant. Mais quel serait le but de tout cela ?
1er objectif : explorer l'univers
2ème objectif : transférer la vie Toute la galaxie finira par être colonisée et l'intelligence s'y répandra depuis une petite planète périphérique.
Il faudra peut-être envisager le passage de la vie organique, basée sur les atomes de carbones à une autre vie basée sur d'autres atomes, le silicium par exemple.
Le fait est qu'un jour toutes les étoiles disparaitront,. Or, sans les étoiles la vie basée sur les atomes de carbone est impossible. Mais l'intelligence artificielle n'a pas besoin d'étoiles pour fonctionner. Il lui faut tout de même des sources d'énergie, mais pas nécessairement des étoiles.
Quelle est la fin la plus probable de l'univers ? Le Big Crunch, scénario symétrique du Big Bang.
La vie biologique à base d'atomes de carbone aura disparu bien avant le Big Crunch, mais le postulat du principe anthropique final établit que l'intelligence survivra au long de l'histoire de l'univers en se répandant partout de sorte qu'elle prendra le contrôle de tout le processus. Beaucoup de physiciens croient cela possible et certains ont même déjà démontré comment.
Dire que la vie a pris le contrôle de notre planète serait une parfaite banalité. Or si la vie à partir de quelques chétives molécules est parvenue au bout de quatre milliards d'années à dominer la terre au point d'influencer son évolution, qu'est-ce qui empêcherait l'intelligence dans quarante milliards d'années de dominer toute la galaxie au point d'influer également sur son évolution ? La vie n'est pas l'objectif, mais une étape nécessaire pour faire apparaitre l'intelligence.
Question de Tomas Noronha à Luis Rocha : « comment l'intelligence pourra-t-elle survivre au Big Crunch ? »
-« L'humanité a été créée pour développer une intelligence encore plus sophistiquée qu'une intelligence biologique ; l'intelligence artificielle, les ordinateurs. Dans quelques centaines d'années, les ordinateurs seront plus intelligents que l'homme et dans quelques milliers d'années ils seront en mesure d'échapper aux changements cosmiques qui provoqueront la fin de la vie biologique.
Les êtres vivants basés sur l'atome de Carbone ne seront plus viables dans plusieurs millions d'années lorsque les conditions cosmiques se modifieront. Mais les êtres vivants basés sur d'autres atomes pourront l'être ; ce sont les ordinateurs. Ils vont se répandre aux 4 coins de l'univers et, établis en réseaux, dans quelques milliards d'années ils deviendront une seule entité, omnisciente et omniprésente. Le grand ordinateur universel sera né ( Scénario décrit de manière apocalyptique dans le film Matrix, ou encore dans Transcendence, avec Johnny Depp dans le rôle du savant fou dont la conscience est transférée par sa femme au grand ordinateur mondial, avec les conséquences que l'on devine…)
Le problème est que sa survie sera menacée par le Big Crunch.
Le grand ordinateur sera alors placé face à ce problème : comment échapper à la fin de l'univers ?
La réponse apparaîtra de façon terrible car il n'y a pas d'échappatoire, la fin est inexorable !
Le grand ordinateur universel devra contrôler en détail la manière dont le Big Crunch se produira !
Il devra tout contrôler selon une formule qui lui permettra de recréer le même univers après le Big Crunch- tout y compris lui-même (intelligence créatrice ou Grand Architecte de l'Univers). Cette formule (formule de Dieu…) impliquera une distribution de l'énergie d'une telle précision qu'elle permettra que renaisse dans le nouvel univers la matière, puis la vie et finalement l'intelligence pour appliquer de nouveau le principe anthropique.
Einstein a conclu que l'univers existe pour créer l'intelligence qui générera le prochain univers. Tel est le Software de l'univers, tel est le but final de l'existence. La phrase « que la lumière soit ! » (Iehi Aor en Hébreu) est une métaphore biblique pour la formule de la création de l'univers, la formule que le grand ordinateur universel devra appliquer quand se produira le Big Crunch, la formule qui provoquera un nouveau Big bang et qui recréera tout y compris Dieu. Le but ultime de l'univers est de recréer Dieu, et nous ne sommes que l'instrument de cet acte.
DISCUSSION.
Après ce résumé des thèses de l'auteur nous pouvons nous poser la question de sa pertinence et la comparer à d'autres approches conceptuelles. Les hindous considèrent que tout est cyclique. L'univers naît vit et meurt, entre dans la non existence et renaît à nouveau dans un cycle infini, dans un éternel retour qu'ils appellent les jours et les nuits de Brahman.
L'histoire hindoue de la création du monde est celle de l'acte par lequel Dieu devient le monde, lequel devient Dieu.
En Occident, Alexander Friedmann a proposé un concept d'univers cyclique pulsant aux rythmes de Big Bang et de Big Crunch successifs, concept développé séparément par Thomas Gold et John Wheeler. Cette théorie dépend bien sûr d'une prémisse essentielle, à savoir que l'univers se terminera par un Big Crunch plutôt que par un Big Freeze. Les observations actuelles indiqueraient plutôt un univers en expansion mais il y a de bonnes raisons de croire que cette accélération va s'inverser et se terminer par un Big Crunch !
Ce roman envisage une hypothèse encore plus délicate qui repose sur la prémisse de l'univers cyclique mais qui va bien au-delà. Il s'agit de la possibilité que le Cosmos soit organisé pour créer la vie, sans que celle-ci soit une fin en elle-même mais seulement un moyen pour permettre le développement de l'intelligence et de la conscience, lesquelles à leur tour deviendraient les instruments pour atteindre le but de l'univers : la création de Dieu. L'univers serait alors un immense programme cyclique élaboré par l'intelligence d'un univers antérieur pour assurer le retour d'un univers suivant. Il s'agit là bien entendu d'une vision panthéiste extrême mais qui n'est pas en contradiction avec les observations et les postulats de la science.
Un autre aspect très frappant du récit est cette perspective d'une course à l'intelligence entre l'espèce humaine et ses créations informatiques. On peut résumer d'une manière très schématique l'évolution de la création à partir du Big Bang ; L'énergie est la matrice de la matière (Pensons à la célèbre équation d'Einstein : E=mc²)
La matière est la matrice de la vie organique (Atomes de C, H, O, N). La cellule, structure médiane de l'univers.
La vie organique est la matrice de la conscience, du mental, depuis les algues et les bactéries jusqu'à l'homme.
Le mental est la matrice de ce que Shrî Aurobindo, philosophe et métaphysicien hindou, appelle le supramental. Ce concept établit une passerelle entre le monde humain de l'intelligence mentale et le monde divin du Satchidananda ( Sagesse-Conscience-Force-Béatitude). Sans cette passerelle, le monde serait absurde et inintelligible. Le supramental n'est pas une intelligence surhumaine à la manière de Nietzsche, mais une manière totalement différente de percevoir et de gérer le monde qui nous entoure, et qui subsume les anciens comportements. On peut y voir peut-être un aspect de ce que Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), contemporain d'Aurobindo (1872-1950), appelait le Point Oméga. L'accès au supramental, sa manifestation sur terre, marqueront l'accession de l'espèce humaine à un stade supérieur d'évolution, à une espèce nouvelle. Laquelle ne sera pas encore le stade ultime de l'évolution… Si par malheur l'homme ne parvenait pas à franchir cette étape, on peut craindre en effet une prise de pouvoir par les robots et les ordinateurs.
Cette éventualité a été signalée par quelques lanceurs d'alarme reconnus dans le monde scientifique et technique :
Bill Gates fondateur de Microsoft, informaticien et philanthrope.
Elon Musk fondateur de Paypal, de Tesla et de SpaceX.
Stephen Hawking astrophysicien, auteur remarqué et spécialiste de cosmologie.
Hollywood en a tiré des scénarios apocalyptiques avec les films Matrix (trilogie) et Transcendence (voir ci-dessus).
En lisant les propos de José Rodrigues sur l'émergence d'une conscience planétaire globale, on ne peut s'empêcher de penser à Pierre Teilhard de Chardin et à sa théorie du point Oméga, aboutissement mais aussi cause de l'évolution de la conscience. Cela s'explique lorsqu'on sait que la principale source d'inspiration de Rodrigues est l'Américain Franck Tipler, professeur de physique mathématique à l'université Tulane de New Orleans.
Tipler est un grand spécialiste de la cosmologie et un grand admirateur de Teilhard de Chardin.
Il existe une cohérence remarquable entre les travaux de Teilhard sur l'évolution de la conscience et ceux de Shrî Aurobindo, qui propose une véritable « spectroscopie » des niveaux de conscience, mais dans le cadre de l'Hindouisme, alors que le jésuite français reste dans une perspective christocentrique.
Toute cette histoire peut vous sembler un délire de technocrate…n'oublions surtout pas la formule de Rabelais : « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme ».
Gildas Rouvillois Mars 2015.
Amicalement,
Franck Bailly
“Chaque mot est un préjugé.”Friedrich Nietzsche

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